Desserte

Le transport du bois constitue un élément majeur de la compétitivité de la filière bois. 

Un élément clé de la gestion forestière

Quels sont les outils permettant d'optimiser la desserte du bois en forêt, puis son transport jusqu'aux lieux de transformation ?

Pourquoi créer un réseau de desserte ?

Depuis la rédaction de documents de gestion jusqu'à l'exploitation de la forêt, en passant par la surveillance phytosanitaire ou les entretiens, toutes les étapes de la vie des peuplements nécessitent de pouvoir accéder aux parcelles dans de bonnes conditions.

C'est pourquoi il est primordial de penser à la desserte des parcelles dès l'installation des peuplements.

Un bon maillage de la desserte forestière est indispensable pour la gestion et l’exploitation des parcelles. Cependant ces infrastructures sont souvent insuffisantes dans les forêts privées.

Le développement de l’exploitation mécanisée, le gabarit actuel et le poids en charge des engins de débardage ou des grumiers nécessitent des aménagements spécifiques. Ceux-ci peuvent être classés en trois catégories : pistes et chemins d’exploitation, routes forestières et enfin places de dépôt de bois installées si possible à moins de 500 mètres des coupes.

Comment concevoir son réseau de desserte ?

Au moment de la conception de son réseau de desserte il est important de ne pas perdre de vue les deux objectifs suivants :

  • accéder à la totalité des parcelles de sa forêt
  • permettre l'évacuation de ses bois sur le réseau public dans de bonnes conditions.

Pour cela divers équipements peuvent être implantés :

Les routes forestières

Elles doivent supporter le poids des camions grumiers qui avoisine souvent les 50 tonnes.
D’une emprise minimum de 6 mètres, leur bande de roulement doit avoir une largeur comprise entre 3,5 mètres et 4 mètres.
Un empierrement est indispensable afin de pouvoir supporter ces charges en période humide. Sur un terrain sableux, la norme est de 30 cm d’épaisseur de matériaux pierreux après compactage. Sur terrain argileux cet empierrement doit être de 40 cm. Un léger bombage et des fossés latéraux sont indispensables pour permettre l’évacuation de l’eau. De plus, dans les zones particulièrement fraîches, la mise en place d’un géotextile est souvent nécessaire.
La réalisation de ces routes peut atteindre 50 000 € hors taxe le kilomètre.
Lorsqu’une voie est sans issue, il faut réaliser une aire de retournement à son extrémité. A son entrée, une surlargeur de 10 à 12 mètres permet l’accès des camions en toute sécurité depuis les voies publiques. La densité optimale de routes forestières préconisée est de 1 km aux 100 hectares.

 

Les pistes de débardage

Elles viennent en complément des cloisonnements d'exploitation, permettant l'accès aux engins d'abattage et de débardage au sein des peuplements.
Ce sont généralement de simples emprises en terrain naturel qui doivent être conçues de manière à déboucher le plus rapidement possible sur une place de dépôt. En effet, le rendement des engins de débardage est directement proportionnel à la distance à parcourir.

Leur largeur minimum doit être de 4 mètres, mais la largeur souhaitable est de 6 mètres. Les chemins trop étroits ne bénéficient pas d’un bon ensoleillement ce qui limite leur assèchement et réduit leur pérennité.
Ces pistes doivent être dessouchées et légèrement bombées afin de faciliter l’évacuation des eaux pluviales.
La mise en place de passages busés est indispensable dans les points bas afin de favoriser les écoulements d’eau.
La densité optimale de ces accès doit être de 2,5 kilomètres pour 100 hectares.
Le prix moyen pour la création de ces pistes est compris entre 5,5 et 8 € hors taxes le mètre linéaire. De plus, il faut compter environ 500 € hors taxes pour un passage busé de 4,8 m avec une tête de buse côté amont.

 

Les places de dépôts

Elément stratégique de la mobilisation des bois, elles doivent être positionnées de manière à desservir un maximum de parcelles forestières. Elles doivent également permettre le chargement et le retournement des camions dans des conditions d'utilisation et de sécurité optimales. Elles doivent donc être empierrées pour permettre le chargement dans n'importe quelles conditions climatiques et deux camions doivent idéalement pouvoir s'y tenir côte à côte afin d'être chargés simultanément et éviter ainsi l'installation d'une grue sur chaque camion. On préconise donc de créer une place de dépôt pour 30 à 70 ha (en fonction des peuplements concernés) et une dimension minimale pour une place de dépôt de 20 x 40 m.

En complément de ces équipements permanents, des places de dépôts temporaires peuvent également être implantées. De structure moins lourde, elles permettent de diminuer la distance de débardage.


"Transbois" : un dispositif pour le transport du bois en Limousin

Le saviez vous ?
Le poids total roulant autorisé (PTRA) pour le transport de bois ronds est de 48 tonnes (5 essieux) ou 57 tonnes (6 essieux) sur les itinéraires dédiés (arrêté du 29 juin 2009).

Le poids à vide d'un grumier est de 15 tonnes auxquelles il faut ajouter une grue de 3 tonnes soit un total de 18 tonnes.

Le passage de 48 à 57 tonnes représenterait donc une augmentation de charge utile de 9 tonnes soit plus de 30% de charge utile supplémentaire (de 30 à 39 tonnes).

 

Sauf restriction relevant du pouvoir du gestionnaire de la voirie, le tonnage maximum autorisé sur route est de 40 t. Ceci dit, la réglementation prévoit que le transport de bois ronds peut s’effectuer par des ensembles de 48 t pour 5 essieux ou de 57 t pour 6 essieux sur des itinéraires dits dérogatoires fixés par arrêté du Préfet après avis des gestionnaires de voirie (maires, conseils généraux ou Etat). Par ailleurs le bon déroulement de l’enlèvement des bois nécessite l’obtention préalable d’une permission de voirie.

La démarche de régulation du transport de bois ronds vise à ouvrir des itinéraires dérogatoires sous réserve d’une demande préalable de l’exploitant forestier. Cette demande est assujettie au respect d’un certain nombre d’engagements dont le dépôt d’une permission de voirie sur domaine public. En outre, elle est encadrée par des moyens de régulation : un "référentiel qualité logistique" qui fixe les bonnes pratiques entre exploitants et transporteurs, la création d’une instance de médiation pour faciliter le règlement des différends entre gestionnaires de voirie et exploitants forestiers et des moyens de contrôle du respect des tonnages transportés et des itinéraires dérogatoires.

Source Direction Départementale des Territoires de la Corrèze

Ce dispositif fonctionne depuis 2011 en Corrèze et maintenant dans les 2 autres départements du Limousin.


Pistes, routes et places de dépôt sont indispensables pour la sortie des bois en Poitou-Charentes

Chargement d'un camion de bois - Photo Sylvain Gaudin – CRPF CA © CNPF (jpg - 3204 Ko)

 

En Poitou-Charentes et pour un particulier, l’État et l’Europe peuvent financer 40 % du montant des factures acquittées pour des travaux de dessertes forestières. Pour les groupements forestiers ce taux d’aide atteint 50 %. Il passe à 80 % pour les collectivités territoriales et les structures de regroupement. Le niveau plancher des dépenses éligibles est de 3 000 € hors taxes.


Sur le massif des Landes de Gascogne, desserte et maîtrise du niveau de l'eau sont indissociables

Assainissement et équipement sont indissociables. Ils répondent à deux objectifs principaux :

■ La maîtrise du niveau du plan d’eau afin

  • D’éviter l’asphyxie racinaire en milieu engorgé et de permettre le reboisement et une bonne croissance des arbres.
  • D’accroître les possibilités d’ancrage des arbres et d'améliorer leur stabilité (moins de risques de chablis, meilleure rectitude).
  • D’améliorer la portance des sols et des pistes, donc la circulation des différents engins de lutte contre les incendies, de débardage et de transport des bois.

■ La desserte des parcelles forestières afin

  • De permettre l’accès des pompiers aux feux et d’accroître la rapidité d’intervention par un réseau dense et de qualité.
  • De faciliter la gestion de la forêt, le reboisement et plus particulièrement l’exploitation et le transport des bois.

 

La démarche

Il convient avant tout de dresser un état des lieux associant cadastre et cartographie des réseaux (SIG DFCI), état des réseaux principaux, secondaires et tertiaires après visite de terrain. Dans tous les cas un relevé topographique est indispensable.

Le réseau d’assainissement et d’équipements doit être continu et cohérent que ce soit à l’échelle de la parcelle (réseau tertiaire) ou à l’échelle d’un plus vaste territoire (réseau principal et secondaire).

Tout projet doit donc être conçu et réalisé en partant de l’aval. Le calibrage des pistes, des ponceaux, des fossés, des seuils est raisonné en termes de dimensions et de position dans un schéma d’ensemble que l’on peut appeler schéma directeur de desserte et d’assainissement.

 

La conception des projets

Le réseau d’assainissement est constitué par :

  • Le réseau principal, d’intérêt collectif : cours d’eau, ruisseaux ou rivières, grands collecteurs, barades ou crastes desservant de vastes étendues.
  • Les fossés d’assainissement bordiers des pistes ou demi-pistes appartenant au réseau routier secondaire sont également d’intérêt collectif et classés dans le réseau secondaire hydraulique lorsqu’ils traversent et desservent plusieurs propriétés sur des territoires étendus. Leur profondeur atteint 1 m 20 ou plus et ils découpent des îlots de 150 à 200 hectares.
  • Le réseau tertiaire composé de fossés d’assainissement de profondeur variant de 0,50 m à 1 m 20 qui permettent de compléter l’assainissement des parcelles. Suivant l’humidité des parcelles, envisagez un système d’assainissement intérieur distant de 75 à 200 m, de faible profondeur et, en aval, raccordez les dérayures de labour, si elles existent, à ces fossés.

 Le réseau routier “forestier” est constitué par :

  • Le réseau principal d’intérêt collectif. Ce réseau comprend :

- les routes goudronnées (voies communales et départementales destinées au transport si autorisé), où le stockage est généralement interdit,

- les pistes forestières structurantes, empierrées ou à empierrer d’une emprise de 12 m en bordure desquelles on l’on peut stocker du bois.

- Le maillage serait de l’ordre de 5 km par 5 km.

  • Le réseau secondaire constitué le plus souvent de pistes de largeur importante (6 à 10 mètres d’emprise totale) éventuellement empierrées. Il est d’intérêt collectif et complète le maillage principal. Il doit permettre à terme que la distance de débardage (distance entre la coupe et l’aire de stockage accessible aux camions) soit comprise entre 500 et 1 000 mètres.
  • Le réseau tertiaire en sol naturel, constitué de chemins ou de demi-pistes avec un fossé bordier doit si possible découper des îlots de taille égale ou inférieure à 25 hectares. Ce réseau de demipistes est à prévoir au moment du reboisement. S’il y a ouverture de fossés, il est fortement conseillé de prévoir une bande de roulement en même temps.

 

Ce qu'il ne faut pas oublier

  • Se renseigner sur la nature juridique des réseaux sur lesquels on intervient.
  • Ne pas laisser la végétation ligneuse s’installer au bord des fossés : les engins ne peuvent alors plus passer et l’entretien du fossé devient impossible.
  • Respecter la règle des deux pour mille (pente maximale) : ne pas respecter cette règle lors de la création ou l’entretien des fossés entraîne inévitablement des problèmes liés à l’érosion régressive. Dès que la pente des fossés dépasse deux pour mille, vous devez prévoir des seuils empierrés ou des ouvrages anti-érosion à la sortie des passages busés. En cas d’érosion régressive très marquée et donc d’un besoin de stabilisation important il est conseillé de réaliser plusieurs seuils successifs. Ceci permet de remonter significativement le niveau de l’eau.
  • Ne pas laisser plus de 500 mètres de fossé sans possibilité d’accéder à la parcelle.
  • Prévoir une largeur de pont d’au moins 7 mètres car le gabarit des engins de secours et de débardage ne cesse d’augmenter.
  • Se documenter sur les projets en cours sur le territoire : il est indispensable avant la conception et la réalisation de tout projet de se rapprocher de l’ASA de DFCI locale. Les conséquences en termes techniques et économiques (aides relevant de projets collectifs ou non) sont inestimables.
  • Préserver les réseaux existants : dans les contrats d’exploitation des bois, des clauses explicites doivent imposer des règles : dégagement des cimes des fossés, interdiction de stocker sur les fossés ou trop près des forages de DFCI (distances réglementées), balayage des écorces sur les pistes empierrées, nécessité de déclarer les chantiers en mairie ; vous devez également spécifier les voies de débardage et les zones de stockage.

 

L'Association Régionale de DFCI

ARDFCI

6, parvis des Chartrons  - 33075 BORDEAUX Cedex

05 57 85 40 27 (42)

info@ardfci.com

Site internet : www.dfci-aquitaine.fr

À consulter :