La vente de bois

Une coupe de bois est toujours un événement dans la conduite d’un peuplement forestier. C’est l’aboutissement de plusieurs décennies de sylvicultures menées le plus souvent par plusieurs générations de forestiers lorsqu’il s’agit d’une coupe rase ; elle constitue un acte cultural important et une recette intermédiaire non négligeable lorsqu’il s’agit d’une éclaircie. Pour être “réussie” la vente des lots de bois doit être la mieux cadrée possible, tant d’un point de vue technique que commercial. 

Les questions clefs pour organiser la vente de ses bois

  • En amont de la vente…

En amont de la vente, la réalisation des coupes d’éclaircie ou des coupes rases doivent prendre en compte :  

- Des aspects purement techniques, (critères de déclenchement des coupes, précautions sanitaires…),

- Les dispositions éventuelles s’appliquant aux coupes, le plus souvent réglementaires, qui peuvent nécessiter par exemple une déclaration préalable, une autorisation, la mise en œuvre de techniques particulières…

Pour ces éléments, nous renvoyons notamment à l'article sur les autorisations de coupes, et sur la certification des forêts.

  • Choisir son mode de vente

Il existe plusieurs modalités pour la mise en vente des bois, comportant chacune ses avantages, ses inconvénients, et des aspects pour lesquels une attention particulière est requise. Enfin quelques erreurs sont à éviter.

Reportez vous au paragraphe suivant relatif aux "Modes de vente".

  • Évaluer la quantité de bois vendue

Au moment d’une vente, les sylviculteurs ont souvent tendance à s’intéresser en priorité au prix unitaire proposé, au détriment de la quantité estimée de bois vendu, l’autre composante du prix total de vente. Pourtant cette estimation fait fréquemment apparaître des différences considérables d’un opérateur à l’autre. C’est dire combien cette opération assez technique, appelée cubage des bois, est stratégique…

Reportez vous au paragraphe suivant relatif au "Cubage des lots".

  • Organiser la mise en marché

La transaction elle-même peut être organisée selon différentes modalités, plus ou moins lourdes, et qui permettent ou non de mettre en concurrence les acheteurs potentiels.

Reportez vous au praragraphe concernant l'"Organisation de la mise en marché".

  • Prendre les dispositions pour encadrer sa vente

Enfin, il est souhaitable que les obligations des parties, les contraintes éventuelles et les modes opératoires soient définis le plus précisément possible pour :

- Limiter les risques pour le vendeur (paiement du lot, délai d’exploitation des bois…).

- Fournir les informations à l’exploitant lui permettant de travailler dans de bonnes conditions.

Reportez vous au paragraphe relatif au "Contrat de vente".


Les modes de vente

Le mode de vente désigne la façon dont sont présentés les produits. Il est fonction de :

  •  La modalité de fixation du prix de vente - deux possibilités :
VENTE EN BLOC VENTE A L'UNITE DE PRODUIT
Le prix est estimé et fixé pour le peuplement dans son ensemble alors que celui-ci n’est pas encore exploité. Un prix par catégorie de produit (ex : bois de trituration, canter, petit sciage…) est fixé avant exploitation, mais le montant total de la vente n’est connu qu’une fois les arbres abattus, façonnés (1) et débardés, et que les produits de la coupe ont été triés dans les catégories de produit précisées dans le contrat de vente, en fonction de leurs caractéristiques (diamètre notamment).

 

  • La personne qui réalise l’exploitation - deux possibilités :
VENTE DE BOIS SUR PIED VENTE DE BOIS FAÇONNÉS DÉBARDÉS
C’est l’acheteur du lot C’est le vendeur du lot

 

En définitive, le mode de vente résulte de la combinaison de ces deux composantes.

(1) Le façonnage est l’opération qui consiste à enlever les grosses branches et la cime des arbres, puis à les découper en billes marchandes.

 

Vente en bloc et sur pied

  • Au moment de l’exploitation des bois, il est recommandé de s’assurer du respect du marquage et des consignes d’abattage.
  • Le prix est connu dès signature du contrat.
  • L’estimation du volume vendu est approximative, nécessitant des compétences techniques en matière de cubage du peuplement.
  • La responsabilité et les risques pour le propriétaire sont limités car le transfert de responsabilité est effectif dès l’accord de vente. Il est nécessaire de prévoir une clause de réserve de propriété en cas de non-respect du contrat (délais…).

 

Vente à l'unité de produit sur pied (ou vente à l’unité de produit)

  • La plupart du temps, on se contente de parler de vente à l’unité de produit, étant sous-entendu qu’il s’agit d’une vente sur pied.
  • Au moment de l’exploitation des bois, le suivi et le contrôle du marquage doivent être complétés par un contrôle des découpes et du tri (selon les catégories définies contractuellement avec l’acheteur).
  • Le prix total est inconnu avant réception contradictoire. Malgré le tri, la valorisation n’est pas nécessairement meilleure !
  • L’estimation du volume vendu est assez précise mais réalisée postérieurement à l’exploitation.
  • En terme de responsabilités et de risques, si le transfert de propriété est effectif à la signature du contrat, le fait que le prix se construise après l’exploitation fait supporter en pratique une partie du risque économique au propriétaire(2).

(2) Par exemple, si un coup de vent provoquant des casses de bois (volis) se produit entre la signature du contrat et l’exploitation du lot, le risque économique devrait être supporté par l’exploitant étant donné qu’il est déjà propriétaire des bois. Or, cela est difficile à faire valoir puisque le prix de la coupe se construit après l’exploitation du lot et un tri des produits faisant apparaître moins de produits de grande valeur qu’attendu (déclassement des bois cassés). Dans ce cas, il est nécessaire de négocier avec l’exploitant pour qu’il puisse effectivement supporter solidairement l’impact économique de la dépréciation du lot.

 

Vente à l'unité de produit de bois faconnés débardés

On parle également de “vente en régie” ou de “vente bord de route”. Ce mode de vente étant affaire de spécialistes qui peuvent, sous certaines conditions, dégager une marge plus grande en intégrant une prestation supplémentaire, on se contentera ici de présenter quelques aspects pour mémoire :

  • La mise en œuvre de l’exploitation des bois par le propriétaire nécessite une compétence technique avérée, mais celui-ci en maîtrise l’exécution technique (respect du marquage et des consignes, du délai d’exploitation…).
  • Le propriétaire organise le tri des produits. Cela évite les litiges liés à un déclassement volontaire des bois par un exploitant désireux de minimiser “artificiellement” la valeur de la coupe (cas de la vente à l’unité de produit sur pied), mais oblige le propriétaire à une bonne maîtrise du tri.
  • Les risques liés à l’exploitation (dégradation du lot, risques matériels et de personnel) sont supportés par le propriétaire. Étant donné les risques de dépréciation du bois du Pin maritime après exploitation (bleuissement en particulier). Il est nécessaire d’avoir conclu la vente avant l’exploitation (on parle de pré-vente de bois façonnés).

 

Les modes de vente les plus utilisés dans les Landes de Gascogne

Dans le contexte du Pin maritime des Landes de Gascogne, on retiendra que :

  • La plupart des ventes sont réalisées sur pied. Peu de détenteurs de forêts possèdent en effet la compétence technique pour superviser ou réaliser eux-mêmes l’exploitation des bois.
  • Les premières éclaircies sont le plus souvent vendues à l’unité de produit : la quantité de bois est difficile à évaluer avant exploitation, et comme les catégories de produits sont peu nombreuses (une, voire deux pour les éclaircies 1 et 2), il y a peu d’incertitude sur le prix liée à la qualité du tri.
  • Pour la coupe rase, sauf exception, la vente en bloc et sur pied s’avère la plus intéressante économiquement pour le propriétaire forestier dans les conditions actuelles du marché.
  • Dans le cas du Pin maritime, même en cas de vente de bois façonnés - débardés (le vendeur réalise l’exploitation), la vente est toujours conclue alors que le peuplement n’est pas encore exploité. On parle parfois de pré-vente de bois façonnés.

Le cubage des lots

Les quantités de bois sont exprimées :

  • En m3 pour le bois d’œuvre.
  • En stère (st) pour le bois de feu ou d’industrie. Un stère correspond à un encombrement de 1 m3 de rondins empilés.
  • À la tonne pour le bois d’industrie (pesée directement sur les camions chargés).

Arbres sur pied : la méthode à suivre

  • Sur le terrain

- Délimiter la parcelle correspondant au lot à vendre.

- Marquer les arbres à vendre (éclaircie ou coupe rase) (voir le paragraphe dédié au "marquage des coupes”).

- Mesurer la circonférence à 1,30 m du sol des arbres marqués (en même temps que le marquage le plus souvent), au ruban ou au compas forestier.

- Noter le nombre d’arbres correspondant aux catégories de circonférence.

- Estimer au dendromètre la hauteur marchande (découpe 30 ou 50 cm) pour chaque catégorie de circonférence ; l’objectif est d’obtenir une hauteur de découpe la plus précise possible pour chaque catégorie de circonférence. En pratique, il est recommandé de mesurer 10 % des arbres de chaque classe de circonférence.

  • Conseils pour la mesure des hauteurs

- Mesurer tous les dixièmes arbres de chaque catégorie.

-  Éviter les arbres penchés.

-  L’estimation de la découpe marchande est toujours assez délicate (faire des mesures sur des arbres abattus ou des chablis pour calibrer cette estimation de découpe sur pied).

Le cubage est une opération nécessaire et rentable même s’il a fallu faire l’investissement de l’intervention d’un professionnel.

Cubage d'un arbre abattu

Les branches du houppier des arbres sont généralement destinées au feu (cas du chêne) et ne font pas partie du cubage de la grume, ces branches feront l’objet d’un cubage à part en stères.

En ce qui concerne la grume destinée au bois d’œuvre, celle-ci est mesurée en mètres cubes réels de la façon suivante :

    • on mesure la longueur de la grume jusqu’à la découpe choisie en mètres, appelons la L (en mètres) ;
    • on mesure la circonférence de la grume (en mètre aussi) à la moitié de cette longueur, appelons la C (en mètres) ;
    • on calcule ensuite le volume commercial de cette grume avec la formule suivante :

Formule de cubage d'un arbre abattu

Si L et C ont bien été mesurées en mètre, nous obtiendrons V en mètres cubes réels sur écorce.

Cette formule revient à assimiler le volume de l’arbre à celui d’un cylindre qui aurait pour base sa section médiane (surface du cercle) et pour hauteur la longueur de la grume.

Remarque :

Il existe des barèmes de cubage (sous forme de tableaux) donnant le volume des grumes en fonction de leur longueur et de leur circonférence médiane (les calculs sont déjà faits).

La grume peut être divisée en plusieurs billons cubés séparément par cette même formule. On fait ainsi en cas de purge à éliminer, ou de forme anormale de l’arbre ; il s’agit du cubage par « billons successifs », que l’on utilise couramment quand plusieurs qualités de bois sont présentes dans la grume.


Les tarifs de cubage

Pour le Pin maritime : Le volume du lot est calculé à partir des circonférences par catégorie et des hauteurs, à l’aide du barème de cubage Lapasse pour le pin maritime qui utilise la formule du tronc de cône. Ce tarif convient très bien, à condition de bien respecter la découpe marchande toujours assez délicate à apprécier.

Une charte de cubage, mise en application par le Syndicat des Sylviculteurs, précise les conditions de mesure, d’estimation et de mise en marché du pin maritime.

  • LA CHARTE DE CUBAGE EN 5 POINTS

1) Mesurer toutes les circonférences (marques de mêmes orientations).
2) Mesurer 10 % des hauteurs (marques du côté opposé).
3) Pour chaque circonférence, faire la moyenne des hauteurs relevées.
4) Utiliser le Tarif de LAPASSE pour les calculs de volumes.
5) Conserver le relevé de terrain.

  • Extrait du tarif LAPASSE, pour le Pin maritime sur le massif des Landes de Gascogne :

 

 

Le tarif Chaudé

L’outil le plus connu est la série des tarifs de cubage Chaudé. Le « tarif Chaudé » (appellation impropre puisqu’il s’agit d’un barème de cubage d’arbres sur pied) est un ouvrage qui fournit les volumes commerciaux (en mètres cubes avec trois décimales) à partir du diamètre (ou de la circonférence à hauteur d’homme) et de la hauteur évaluée à la découpe bois d’œuvre. Il est probablement le plus connu et le plus utilisé en forêt privée. Et il se fonde sur une décroissance métrique moyenne calculée sur la circonférence. La décroissance augmente en fonction de la grosseur des arbres, plus ou moins rapidement selon chacun des 24 barèmes qui le composent.

Vous trouverez le "tarif de cubage" de Pierre Chaudé dans toutes les bonnes librairies forestières.

 

À consulter :


Organiser la mise en marché

Les différents types de vente présentés ci-après peuvent être panachés en fonction des situations.

Par exemple, il est fréquent que des propriétaires sollicitent préférentiellement un exploitant de confiance pour les lots de taille petite à moyenne (vente de gré à gré), tandis qu’un appel à la concurrence est organisé pour les ventes plus conséquentes, coupes rases en particulier.

Par ailleurs, il est évidemment nécessaire de s’informer sur les cours des bois dans les catégories concernées (voir le paragraphe ci-dessous consacré aux résultats des ventes suivies par les équipes du CRPF).

Les principaux modes de mise en marché

 

Définition et caractéristiques

Avantages

Précautions à prendre

Commentaires

La vente de Gré à Gré (ou vente amiable)

Elle s’établit entre deux  parties qui s’accordent sur le prix, sur la chose vendue et sur les conditions d’exploitation, théoriquement sans mise en concurrence

- Absence de procédure particulière.

- Rapidité de mise en œuvre.

- Peut permettre de tisser des relations privilégiées avec un acheteur de confiance.

Possibilité d’intervention “à la carte” (+/- coûteuse) d’un tiers :

- pour l’estimation du lot,

- pour la recherche d’acheteurs,

- pour l’organisation intégrale de la vente.

Très souvent, des négociations de gré à gré sont menées postérieurement aux ventes groupées, pour écouler les lots n’ayant pas trouvé acquéreur parce que les propositions initiales n’ont pas atteint le prix de retrait.

La vente par Appel d'Offres "Simple"

La proposition de vente est réalisée auprès d’un nombre limité d’exploitants, qui sont consultés individuellement.

Possibilité d’intervention “à la carte” (+/- coûteuse) d’un tiers :

- pour l’estimation du lot,

- pour la recherche d’acheteurs,

- pour l’organisation intégrale de la vente.

Possibilité théorique d’accords entre les candidats faussant la concurrence lorsque peu d’exploitants sont démarchés et qu’il s’agit des exploitants habituels sur une zone donnée.

Dès lors que plusieurs acheteurs sont contactés, même si la vente s’organise sans procédure particulière à la manière d’une vente de gré à gré, on peut parler de vente par appel d’offres simple.

La vente groupée par soumission cachetée

Une publicité concernant les lots mis en vente est réalisée au préalable, avec possibilité pour les exploitants sollicités de visiter les lots. Elle comprend des informations sur les lots eux-mêmes et sur les conditions d’exploitation. Chaque lot est attribué au plus offrant sous réserve que le prix proposé dépasse un prix de retrait fixé par le vendeur. En l’absence d’offre ou en cas d’offre inférieure au prix de retrait, le lot est retiré de la vente.

- Garantie plus grande d’une concurrence riche et non faussée.

- Normalement, professionnalisme du vendeur.

- Caractère “formel” de la vente, surtout avec l’appui d’un tiers pour la mise en vente permettant en particulier d’imposer des garanties bancaires aux soumissionnaires.

- Nécessité de faire intervenir un tiers rémunéré pour la vente.

- Souvent, délai avant la mise en vente.

Plus le nombre de lots mis en vente est important, plus il est aisé d’attirer un nombre élevé d’exploitants ce qui stimule la concurrence. Pour cette raison, les ventes groupées en forêt privée sont le plus souvent organisées par une coopérative, un ou plusieurs experts ou par un groupement de producteurs, et réunissent des lots de propriétaires différents


La notion de contrat d’approvisionnement intervient en complément des aspects déjà présentés. Le contrat d’approvisionnement concerne la cession de plusieurs lots, de caractéristiques définies, étalée dans le temps selon des conditions négociées à l’avance. Très souvent, le prix n’est pas fixé dans le contrat mais une fourchette assez réduite est définie. Ce type de contrat est de plus en plus prisé par les acheteurs moyens à importants qui ont intérêt à sécuriser leurs approvisionnements, tant en quantité qu’en prix. 

Dans certains cas particuliers (besoin en trésorerie, aversion au risque…) et pour des peuplements non encore matures, le propriétaire peut être désireux de récupérer par anticipation une partie de la valeur de ses peuplements, théoriquement immobilisée jusqu’à ce que le peuplement arrive à maturité et soit exploité. Plusieurs opérateurs proposent une réponse à cette demande via un mécanisme de “portage financier” d’un stock constitué d’arbres. Ce service auquel sont associés d’autres avantages (professionnalisme de l’évaluation des peuplements et de la vente, assurance…) comporte évidemment un coût financier.


Le contrat de vente

Pour que l’exploitation soit correctement réalisée, un minimum de préparation des parcelles est requis de la part des propriétaires. En particulier, des itinéraires de vidange et des places de stockage des bois doivent exister. Par exemple, il est difficile de reprocher à un entrepreneur d’avoir bouché un fossé en stockant ses billons en bord de route si un emplacement adéquat n’avait tout simplement pas été aménagé. Par ailleurs, il est nécessaire de s’accorder avec l’exploitant sur les conditions de la vente et de l’exploitation.

C’est le rôle du contrat de vente. Même si en théorie, une vente peut être conclue verbalement, un contrat de vente écrit et signé par les contractants est en fait indispensable, car seule la forme écrite du contrat permet de fixer ces conditions avec précision et surtout de prouver les modalités convenues en cas de litige. Des modèles de contrats (vente en bloc, vente à l’unité de produit, vente de bois de feu) sont disponibles en haut de cette page. Le tableau ci-après reprend les éléments essentiels que le contrat doit préciser.

Il est toujours recommandé de communiquer à l’exploitant le maximum de précisions pouvant lui être utiles pour la bonne exécution de son chantier. Lorsqu’il s’agit de conditions particulières ou de précautions à prendre, il est plus sûr de les faire apparaître dans le contrat de vente puisque la signature du contrat par l’exploitant vaut alors acceptation de ces conditions.

CONTENU DU CONTRAT DE VENTE
L’identité des contractants,

L’objet de la vente, ce qui comprend :

- La localisation de la parcelle.

- L’identification des arbres à abattre.

Rq : Toutes les précisions potentiellement utiles peuvent être ajoutées, en particulier renvoi à une carte en annexe, repères de limites de parcelle… Ce sont autant d’éléments permettant de prévenir les erreurs ou les abus (ex. : coupe de bois dans une parcelle voisine).

Les conditions d’exploitation, en particulier :

- Les dates d’exploitation.

- Les itinéraires de sortie des bois et les places de dépôts.

- Les modalités particulières d’exploitation, notamment la réalisation d’un traitement préventif fomès.

- Les précautions éventuelles liées au site.

- …

Rq : La réalisation d’un traitement préventif contre le fomès apparaît aujourd’hui comme une précaution indispensable associée à l’exploitation des bois et réalisée par l’exploitant.

Le partage des responsabilités :

- L’identité de celui qui réalise l’exploitation.

- Le moment du transfert de propriété.

Le prix et les conditions du paiement :

- Pour les ventes à l’unité de produit, le mode de calcul du prix.

- Les délais et les modes de paiement.

- L’assujettissement ou non du vendeur à la TVA.

- Les garanties bancaires exigées.

Rq : 

Le prix hors taxe sert de base au calcul de la part de la taxe interprofessionnelle (ou CVO) due par le propriétaire (1). Hormis pour les ventes de faible montant, le paiement est le plus souvent divisé en trois échéances de montant égal, mais cela peut varier. Le paiement de la première échéance est effectué à la signature, et il n’est pas souhaitable de prévoir un paiement trop différé des dernières échéances (moins d’un an). La traite avalisée (ou lettre de change avalisée) est la garantie bancaire la plus utilisée pour les ventes de bois. Les garanties bancaires ont un coût (généralement inférieur à 3 % du montant total de la vente), c’est souvent une précaution souhaitable étant donné la hauteur des enjeux.

La date, le statut (le vendeur, l’acheteur) et la signature des contractants (précédée de la mention "Lu et approuvé"). 

(1) Si le propriétaire et l’exploitant sont d’accord pour que ce soit ce dernier qui collecte la part de CVO du propriétaire (et la reverse à l’interprofession), ce point peut être précisé dans le contrat, en plus d’être repris dans la facture.

 

Un contrat de vente écrit permet d’éviter les contentieux. En cas de litige, il servira de référence, la parole de l’exploitant pèsant autant que celle du vendeur en son absence.

De plus le propriétaire forestier est toujours l’employeur présumé des personnes travaillant sur sa propriété. Il est tenu responsable en cas d’accident, sauf s’il a signé un contrat de vente de bois sur pied transférant ainsi sa responsabilité à l’acquéreur. Cette situation étant valable pour toutes les cessions de bois d’œuvre ou de chauffage sur pied.

La vente doit être suivie de près car le rôle du vendeur ne doit pas s’arrêter à la signature du contrat. Il s’assurera que les termes sont bien respectés notamment pour les arbres devant rester sur pied, l’état des chemins, les délais d’exploitation...

Ce suivi demande de la disponibilité, de la vigilance et nécessite des compètences que les professionels, experts, gestionnaires forestiers professionnels et coopératives forestières, peuvent fournir moyennant rémunération à leurs clients.


Les résultats des ventes de bois - Les synthèses concernant les prix des bois

Les prix ci-dessous sont issus des ventes groupées suivies par les équipes du CRPF Nouvelle-Aquitaine.

Prix du bois de pin maritime graphiqueS'ils donnent une bonne idée des prix pratiqués à la date de la vente pour une essence donnée et une catégorie de bois précise, ils n'indiquent en aucun cas le prix que vous pouvez attendre fermement d'un lot de bois précis, issu d'une sylviculture particulière, dans le contexte unique de la transaction entre l'acheteur et vous (besoin en bois de l'acheteur au moment de la vente, offre de bois sur le marché à cette date).

Les paramètres qui influencent le prix sont les suivants :

  • les cours du bois au moment de la vente (équilibre entre la demande et l'offre de la catégorie de bois que vous mettez en vente au moment de la transaction) ;
  • la taille de la coupe : les très petites coupes se vendent moins bien (peu d’appel à la concurrence, abattage mécanisé souvent impossible, coût du déplacement des équipes et du matériel..) ;
  • la qualité de la coupe que vous proposez à la vente : dimension des arbres, volume à l'hectare, qualité du bois ;
  • l’accessibilité de la parcelle et les facilités de débardage (pente, distance de débardage...) ;
  • la présence ou non d’une aire de stockage des bois débardés ;
  • les clauses particulières liées à l’exploitation (délais, travaux de remise en état de la parcelle et des chemins, respect de certains arbres, etc…) ;
  • la distance qui sépare la coupe du lieu de transformation du bois (impact du coût du transport pour l'acheteur) ;
  • les modalités de paiement (comptant ou échelonné) que vous souhaitez obtenir ;
  • des relations enfin que vous entretenez avec les acheteurs : vente de bois régulière ou non.

À consulter :