Chênes

En Nouvelle-Aquitaine les feuillus dominent avec près de 62 % de la surface boisée et les chênes occupent 33 % de cette surface boisée. Les chênes sessiles et pédonculés sont les plus représentés et on constate un fort développement du chêne pubescent.

Les chênes (pédonculés, sessiles, verts, tauzin, pubescents...) sont omniprésents en Nouvelle-Aquitaine. Ils représentent une ressource considérable mais qui s'avère notoirement sous-exploitée.

Il est important de veiller à l'amélioration des peuplements productifs pour les accompagner vers la production de bois d'oeuvre.

De même la régénération des peuplements est rarement anticipée conduisant à un appauvrissement en qualité ou à des coûts de reboisement non compétitifs.

Traitement en taillis, en futaie régulière ou irrégulière, les chênes se prêtent à de nombreux itinéraires sylvicoles.


Les chênes de pays

En Nouvelle-Aquitaine, les deux chênes susceptibles de produire du bois d’œuvre sont le Chêne sessile, aussi appelé Chêne rouvre, et le Chêne pédonculé. Bien que ressemblants, il importe de savoir les distinguer car leur comportement diffère sensiblement.

  • Le Chêne pédonculé est un arbre au port massif, irrégulier avec des branches souvent tortueuses. Le gland est porté par un pédoncule. Les feuilles ont un pétiole très court. L’écorce présente de longues fissures verticales.
  • Le Chêne sessile est un arbre au port massif, régulier avec une branchaison en éventail et des branches plus droites. Le gland est directement inséré sur le rameau. Les feuilles ont un long pétiole. L’écorce présente des fissures à la fois verticales et transversales.
  • D’autres chênes sont présents : tauzin, chevelu, vert, liège. Ils sont inaptes à produire du bois d’œuvre.
  • Le Chêne pubescent, très présent sur les terrains calcaires superficiels où sa croissance est très lente, peut présenter un intérêt dans le cadre du changement climatique

Exigences

Le Chêne sessile craint le froid et les gelées de printemps. Assez rustique, il peut accepter une faible alimentation en eau estivale et une certaine pauvreté du sol.

Le Chêne pédonculé demande des sols riches (meilleure tolérance aux sols calcaires) et bien alimentés en eau toute l’année. Il supporte l’excès d’eau temporaire et les sols argileux ou compacts. Malheureusement, son comportement pionnier l’amène à se développer sur des sols ne lui convenant pas d’où des résultats décevants et de forts risques de dépérissements, surtout en période de sécheresses répétées.


Ennemis

Les chênes, notamment lorsqu’ils sont installés dans des conditions ne leur convenant pas, sont sensibles aux insectes défoliateurs : chenilles du Bombyx cul-brun, du Bombyx disparate, Processionnaire du chêne, Tordeuse verte du chêne et aux champignons : Oïdium, Armillaire...

L’excès de grand gibier entraîne un abroutissement parfois systématique des rejets de taillis au profit d’espèces moins appétentes : noisetier, charme …

Production

La production des taillis de chênes sessile et pédonculé se situe aux alentours de 3 à 6 stères par ha et par an, pour un âge d’exploitabilité qui se situe entre 25 et 45 ans.

Les futaies régulières produisent en moyenne 3 à 5 m³ de bois d’œuvre par ha et par an sur un cycle de 90 à 120 ans.

Utilisations du bois

Le bois de ces deux chênes est dur et durable. Il comporte une part non négligeable d’aubier, plus tendre, et qui est purgé dans beaucoup d’usages.

Les utilisations sont variées en fonction de la qualité des produits : menuiserie, ébénisterie, placages, tonnellerie, charpente, parqueterie, palettes. Tous les chênes peuvent fournir du bois de feu et de trituration.

Objectifs sylvicoles possibles

Peuplement initial Age
d'exploitation
Densité
finale
Circonférence
d'exploitabilité
Objectifs
taillis simple 25 à 30 ans - > 45 cm - maintien du taillis
- futaie régulière par conversion
(= éclaircie de taillis)
- futaie régulière par transformation (reboisement)
futaie régulière 100 à 150 ans 60 à 100
tiges/ha
> 150 cm - maintien en futaie régulière
- conversion en futaie irrégulière
peuplement irrégulier interventions tous les 15 à 20 ans
(coupe de type jardinatoire)
 - > 150 cm

- maintien en peuplement irrégulier
- conversion en futaie régulière par régularisation
- futaie régulière par transformation (reboisement)


Le chêne rouge d’Amérique

Le Chêne rouge d’Amérique est un feuillu qui peut atteindre 25 m de hauteur. Il présente un houppier développé avec de grosses branches redressées.

Son écorce, longtemps lisse, se crevasse vers 20 - 30 ans.

Les feuilles sont alternes, grandes (12 à 20 cm) avec des lobes très marqués à pointes fines. Elles prennent une couleur rouge vif à l’automne.

La floraison du Chêne rouge a lieu en mai. Les glands assez gros présentent une cupule aplatie. Ils mûrissent en 2 ans.

 


Exigences

Le Chêne rouge résiste mieux que les chênes indigènes aux grands froids et aux gelées tardives. Il se développe particulièrement bien dans les zones les plus arrosées de la région.

C’est une essence qui préfère les sols légers, même très acides. Le chêne rouge craint les sols superficiels et ceux qui présentent des traces d’hydromorphie en surface. Il ne supporte pas le calcaire actif.

 


Ennemis

Le chêne rouge est très apprécié par les cervidés (abroutissement et frottis).
Ses ravageurs sont peu nombreux hormis la maladie de l’encre due à un champignon racinaire.

Production

Le Chêne rouge d’Amérique croît rapidement dans le jeune âge. Il doit être exploité vers 60 ans pour éviter les risques de pourriture du coeur et les dépérissements qui apparaissent fréquemment vers 80 ans. Son accroissement est souvent supérieur à 8 m3/ha/an. C’est une essence qui rejette de souche.

Utilisations du bois

Son bois est de bonne qualité mais il n’atteint jamais les classes de qualité supérieure des chênes indigènes (chênes sessiles et pédonculés). Les usages les plus courants sont le tranchage, l’ébénisterie, les menuiseries intérieures (mauvaise conservation du bois en extérieur).

Objectifs sylvicoles possibles

 

 

Objectifs Age
d'exploitabilité
Densité finale
par ha
Circonférence
d'exploitabilité
futaie régulière bois d'oeuvre  50 à 70 ans  80 à 120 tiges/ha  150 à 180 cm
futaie régulière petit bois d'oeuvre
et bois d'industrie

(itinéraire de "rattrapage" pour les peuplements souffrant d'un retard d'éclaircie)
  variable en fonction du peuplement initial trop dense  > 130 cm