En France, 9 feux sur 10 sont d'origine humaine ! 
Alors adoptons les bons gestes et ne jouons pas avec le feu.

L'incendie forestier constitue un risque majeur pour de nombreux massifs de la Nouvelle-Aquitaine, tels que les Landes de Gascogne, la Double, les landes du nord de la Vienne ou le Périgord.

Malgré les efforts réalisés ces dernières décennies pour équiper les massifs (schémas d’aménagement des massifs contre les incendies, création de pistes, de pare-feux et de points d’eau), le renforcement en moyens humains et matériels des services de lutte, ainsi qu'une surveillance accrue dans les zones sensibles, le risque feu de forêt reste une menace aggravée par le changement climatique.

Vous trouverez ici en tant que propriétaire forestier, gestionnaire ou citoyen désireux d’en apprendre plus, l’ensemble des informations indispensables à la Défense des Forêts Contre les Incendies (DFCI) à votre niveau. En effet, seul 10 % des feux sont d’origine naturelle (foudre notamment), la prévention est donc l’affaire de tous !

Vous êtes : propriétaire forestier ? Professionnel de la forêt ?

Vous êtes un maillon indispensable dans la protection des forêts contre les incendies.

Dans cette section, vous trouverez tous les éléments nécessaires pour votre forêt ou pour la forêt dans laquelle vous intervenez.
Les informations réglementaires et pratiques sont présentées par département.

En cas de doute sur une réglementation, n’hésitez pas à contacter le référent DFCI du CNPF Nouvelle-Aquitaine :
Alexandre GOBIN – Référent DFCI
alexandre.gobin@cnpf.fr

Ma forêt se trouve :

Cliquez sur le département correspondant à la localisation de votre forêt

 
Carte de Nouvelle-AquitainePyrénées-AtlantiquesLandesGirondeLot-et-GaronneDordogneCharente-MaritimeCharenteCreuseCorrèzeDeux-SèvresHaute-VienneVienne
  • Dans le cas où je dois rédiger ou renouveler mon document de gestion durable, je dois prendre en compte le risque feu de forêt dans la gestion de ma forêt. Pour cela, des modèles vous sont proposés par le CNPF. Ils vous permettront de mieux analyser ce risque au niveau de votre propriété.

    Les documents sont disponibles avec le lien suivant : https://nouvelle-aquitaine.cnpf.fr/gestion-durable-des-forets/documents-de-gestion-durable/le-plan-simple-de-gestion-psg

  • Comme évoqué en introduction, les feux de forêts et de végétation sont d’origine humaine dans plus de 90 % des cas (qu’il s’agisse d’accidents ou d’une mise à feu volontaire). De ce constat, il est important d’analyser sa propriété afin de se prémunir au maximum de ce risque.

    Dans un premier temps, il est important de cibler les secteurs où le risque est le plus présent sur la forêt. On trouve notamment l’ensemble des interfaces entre les zones urbanisées et les bois (habitations, bâtiments industriels et commerciaux, constructions accueillant du public, etc.).

    Les réseaux et axes de communication (routes ouvertes à la circulation publique, autoroutes, voies ferrées, lignes électriques, etc.) sont également générateurs de risque.

    Dans un second temps, et du fait du premier constat, il est important d’analyser l’équipement de sa forêt. Est-ce-que les parcelles à risque de ma forêt sont bien accessibles par les moyens de secours ? D’une manière générale, est-ce-que ma forêt est suffisamment desservie ?  Ai-je dans ou à proximité de ma forêt des points d’eau utilisables par les pompiers en cas de feu de forêts ?

    C’est l’ensemble de ces questions qui doit amener à une réflexion à la fois personnelle sur les besoins en infrastructures de sa forêt, mais également au-delà à une réflexion collective (à l’échelle d’un massif forestier complet) pour garantir une bonne prévention.

    Les secteurs particulièrement exposés ainsi que les aménagements existants dans la forêt doivent être mentionnés dans votre Plan Simple de Gestion si vous en possédez un.

  • Avoir une réflexion globale sur la protection de son patrimoine forestier est primordiale. Au quotidien, cela se traduit par des mesures de gestion adaptées (ou gestions préventives) à ses peuplements forestiers, au contexte dans lequel se trouve la forêt et la planification de certains travaux d’aménagement.

    Opérations liées à la sylviculture

    - Reboisement avec une (des) essence(s) adaptée(s) à la station forestière. Ce point est important pour assurer une bonne santé du peuplement tout au long de sa vie et limiter les stress physiologiques.

    - Les reboisements sont idéalement implantés à une distance suffisante des routes et pistes forestières (à minima 4 mètres). Cette mesure permet la circulation en sécurité des camions de lutte en cas d’incendie. Bien raisonnée, elle permet aussi d’assurer le retournement des tracteurs et engins lors des travaux forestiers.

    - Durant les premières années après le reboisement (environ 10 ans dans la majorité des cas), le débroussaillement régulier des interlignes (1 à 2 passages minimum dans cet intervalle) par des moyens mécaniques (gyrobroyeur par exemple) permet de réduire la végétation combustible, surtout si la végétation dépasse 1,50 m de hauteur. Ces opérations permettent aussi de limiter la concurrence de la végétation sur les arbres pour l’eau et la lumière pour atteindre le stade de la 1ère éclaircie plus rapidement. En cas de végétation abondante autour des plants lors des deux premières années, un dégagement manuel pourra également être réalisé.

    - A contrario, éviter les débroussaillements à raison d’une ligne sur deux (végétation à risque trop abondante sur la parcelle).

    - Une vigilance particulière sera de mise pour les parcelles présentant de l’ajonc, du genêt et de la ronce, ou encore de la fougère aigle.

    - Pour les parcelles où le renouvellement sera acquis par la voie de la régénération naturelle, la mise en place de cloisonnements se fera le plus tôt possible puis leur entretien sera régulier.

    - Envisager l’élagage des arbres dans les secteurs à risque de la forêt (bordures de routes, etc) sur 1/3 de la hauteur des arbres à raison de 3 mètres maximum élagué pour créer une discontinuité verticale de la végétation.

    - Sylviculture dynamique facilitant une mise à distance des arbres adultes.

    - Suite à une exploitation (totale ou partielle), il est préférable de diminuer le volume des rémanents d'exploitation par un démantèlement fin ou à l'aide d'un broyeur. La coupe ainsi traitée constituera une coupure de combustible. (Dans les massifs à risque et à l'intérieur du périmètre des OLD, le traitement des rémanents après coupe constitue une obligation nouvelle).

    Au-delà des peuplements forestiers, gérer et aménager sa propriété :

    - Desservir correctement ses parcelles par des pistes et routes forestières entretenues. La desserte est l’élément clef qui permet d’exploiter correctement sa forêt mais également de la protéger en cas de besoin. Les accès doivent être portants (en matériaux permettant le passage d’engins), entretenus régulièrement pour éviter une dégradation prématurée de la piste et présenter un gabarit suffisant pour permettre le passage d’engins forestiers ou de pompiers (5x5 mètres). Idéalement, ces infrastructures doivent être répertoriées sur un plan pour être utilisées facilement.

    Le débroussaillement à périodicité régulière, selon l’évolution de la végétation présente aux contours des parcelles et des bordures de fossés, participe à la prévention des incendies (le pas de temps dépend du type de végétation et de la dynamique de cette dernière, tous les 4 à 10 ans selon les cas). Ces opérations de nettoyage permettront le bon écoulement de l’eau et créeront des coupures de combustible horizontales. L’entretien d’une bande de sûreté en bordure d’une infrastructure routière permet aussi de créer une coupure du combustible.

    Dans les territoires qui nécessitent des assainissements par la création de fossés par exemple, il est impératif de prévoir des franchissements pour accéder à l’intérieur des parcelles. Ces aménagements (ponts, passages busés, etc) doivent être répartis de manière régulière et doivent être parfaitement visibles pour faciliter leur utilisation en cas de besoin.

    IMPERATIF :

    L’aménagement d’un territoire en matière de DFCI est l’affaire de tous et doit être pensé à l’échelle d’un bassin de risque. Les aménagements réalisés, à titre individuel, doivent évidemment protéger la propriété sur laquelle ils sont implantés mais au-delà, ils devront avoir une cohérence de protection plus vaste pour être efficace en temps de crise.

    Pour cela, vous pouvez vous faire appuyer par les structures de DFCI qui existent sur votre territoire (cf. : renvoyer au paragraphe avec les intervenants dans la partie n°2 de la page).

Seconde partie : je m'intéresse à la thématique - Comment devenir acteur de la DFCI à mon niveau ?

Les grands incendies de Nouvelle-Aquitaine

La Défense des Forêts Contre les Incendies n’est pas un sujet nouveau en Nouvelle-Aquitaine, il émane même de plusieurs décennies de risque avec des évènements marquants.

Frise chronologique d'incendies ayant marqués la Nouvelle-Aquitaine

Frise chronologique des principaux incendies de Nouvelle-Aquitaine

Bien que le risque soit présent et amplifié avec les effets du changement climatique, le nombre de feux de forêt, de départ de feu est en baisse au fil des années. Cette baisse est en partie liée à la prévention qui est faite autour de ce risque pour mieux s’en prémunir.

Météo des forêts

Service de Météo France, la météo des forêts permet de définir un niveau de danger face au risque d'incendies à l'échelle départemental. 

Il est catégorisé selon la météo du moment et se définie en quatre niveaux de vigilance :

  • vert : risque faible,
  • jaune : risque modéré,
  • orange : risque élevé,
  • rouge : risque très élevé

Ce service est accessible à tous publics sur la période Juin / Septembre.

Prévention

  • J’entretiens mes bois.
    En réalisant une sylviculture dynamique, en réalisant mes éclaircies dans les temps, en entretenant de manière régulière mes jeunes parcelles de bois, je contribue naturellement à diminuer la végétation dans mes parcelles. Cette diminution de masse combustible est favorable pour limiter les incendies de grande ampleur. En mettant en place des mesures complémentaires comme le nettoyage des bordures de parcelle en proximité d’une route, je limite ainsi la végétation susceptible d’occasionner un départ de feu.

    J’aménage et je structure mon massif forestier.
    Je me pose la question de la desserte de mon massif forestier et envisage de réaliser des chemins carrossables si mes bois ne sont pas bien desservis. Je peux également réaliser l’installation de point d’eau (naturels ou artificiels). Si mon massif forestier n’est pas dimensionné, il n’en reste pas moins que je peux agir en restaurant des chemins d’accès ou en réalisant une place de retournement, etc. Ces aménagements sont des réflexions de long terme et doivent être cohérents sur le territoire.

    Si je suis concerné par un massif forestier à risque, je réalise mes OLD. Cette mesure me permettra de protéger mes bois en limitant la possibilité d’une éclosion de feu.

    Consulter la carte des OLD - géoportail

  • La prudence est de mise ! Malgré la curiosité générée par un tel évènement, il est important de ne pas se rendre dans les bois, même si je suis propriétaire des bois dans lesquels le sinistre est en cours.

    En période à fort risque ou lors de feux de forêts en cours dans un secteur, je ne me rends pas en forêt au risque de déclarer accidentellement un nouveau sinistre. Les travaux attendront une période plus clémente.

  • Je réalise les premières démarches d’urgence qui peuvent être : le dépôt d’une plainte contre « X » auprès de la gendarmerie, je prends contact avec mon assureur si j’ai opté pour une assurance pour mes bois, je me fais connaitre auprès de la mairie afin de participer à des opérations groupées pour l’exploitation et la reconstitution par exemple.

    Je ne réalise pas de conclusion hâtive. Les conséquences d’un incendie peuvent êtres multiples et ne sont pas prévisibles à l’avance. Il est déterminant de réaliser un diagnostic afin de connaître précisément les zones impactées et les différents degrés de dégâts.
    Le cas échéant, je prévois l’exploitation des bois incendiés, en réalisant un contrat de vente. 

    J’envisage la reconstitution des parcelles en adaptant mes aménagements afin que ma forêt soit plus résiliente dans le futur (bandes de sureté non boisées en bordures de chemins, etc).

    Que faire après un incendie ? - Les étapes clés

Pour vous accompagner, vous pouvez solliciter :

  • L’Association Régionale de Défense des Forêts Contre l’Incendie (ARDFCI) est une association loi 1901 créée en 1992. Elle contribue à la prévention du risque incendie feu de forêt en assurant la préservation des massifs forestiers à travers 3 missions :

    • AMÉNAGER : créer et entretenir des infrastructures à des fins d’exploitation forestière et d’accès des pompiers : pistes, points d’eau, signalisation… ;
    • INFORMER : faire prendre conscience du risque élevé d’incendie en relayant les bons comportements à adopter ;
    • SURVEILLER : assurer une présence de patrouilles bénévoles et concourir, sur demande des autorités, au suivi des lisières du feu ou à l’organisation de travaux forestiers d’urgence.

    Ce réseau de DFCI représente :

    • 1,3 million d’hectares de forêt ;
    • 650 communes couvertes ;
    • 44 000 km de pistes gérées et entretenues ;
    • 17 000 km de fossés conçus pour la gestion hydraulique sur le massif ;
    • 55 000 ponts et franchissements ;
    • 5 000 points d’eau ;
    • 2 500 bénévoles engagés.

    L’Association régionale coordonne un réseau de structures locales avec un maillage de l’échelle communale à l’échelle départementale. Elle regroupe ainsi des établissements publics sous tutelle préfectorale animés par des bénévoles de type Associations Syndicales Autorisées (ASA) ou des structures regroupant des collectivités. Elle fonctionne avec un système de cotisation annuelle des structures de DFCI de son territoire ainsi que des financements publics (Ministère en charge de l’Agriculture, FEADER, Conseil Régionale de Nouvelle-Aquitaine).

    Les ASA de DFCI sur le Massif des Landes de Gascogne

    Le système de DFCI du Massif des Landes de Gascogne repose sur des ASA. Ces associations sont la cheville ouvrière de l’aménagement du territoire et de la prévention active contre les incendies de forêt. Elles ont été mises en place à la suite de l’ordonnance de 1945 qui impose la création d’ASA de DFCI sur l’ensemble du massif des Landes de Gascogne et sur les communes périphériques. Ces associations sont créées par arrêté préfectoral et sont organisées à l’échelle communale ou intercommunale. Elles sont administrées par un président et un bureau. A l’échelle de chaque département, une Union départementale regroupe et appuie les ASA de son territoire. Ces Unions accompagnent les ASA de DFCI sur les appels de cotisation, la gestion administrative et comptable, l’ingénier technique et financière des travaux. Les ASA de DFCI sont au nombre de 210 sur près de 400 communes sur les départements de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne.

    La particularité de ce système est qu’il repose sur une participation financière des 55 000 propriétaires forestiers. Selon les territoires, cette taxe est souvent comprise entre 2 et 3 € par hectare possédé.

    Au-delà de cet aspect financier, les ASA de DFCI sont gérées et animées par des propriétaires forestiers bénévoles.

    Un Syndicat Mixte Ouvert à compétence DFCI Dordogne

    L’organisation de la DFCI en Dordogne date des années 1960. Historiquement, le modèle du massif des Landes de Gascogne a été appliqué sur ce territoire avec la création d’ASA de DFCI.

    Du fait d’un contexte forestier différent de celui que l’on trouve dans les Landes de Gascogne, un nouveau modèle a vu le jour. La compétence DFCI a ainsi été transférée aux communes. Au fils des évolutions successives et avec l’entrée du Département de la Dordogne en son sein, le Syndicat Mixte est devenu « Ouvert », ou SMO.

    Le syndicat regroupe 11 Établissements publics de Coopération Intercommunale (EPCI) regroupant 275 communes sur les 504 que compte le département. La surface forestière couverte par le SMO est de 270 000 ha soit 70 % de la forêt périgourdine. Il regroupe le Conseil Départemental de la Dordogne, 2 Communautés d’agglomération, 8 Communautés de communes et des communes à titre individuel.

    Le Syndicat est maître d’ouvrage délégué pour les chantiers d’infrastructures. L’objectif du SMO est la création d’environ 10 km de piste par an sur son territoire d’intervention.

    De manière similaire aux ASA de DFCI, le SMO organise l’animation locale de la défense des forêts contre les incendies via les « Comités Communaux Feux de Forêts ». Ces derniers sont composés de bénévoles, placés sous l’autorité du Maire et formés à la DFCI.

    Un réseau basé sur l’implication forte de bénévoles de culture forestière

    Quel que soit le type de structure locale, ASA de DFCI ou Collectivité, la force du réseau de DFCI repose sur l’implication et l’activité de 2 500 bénévoles. Grâce à leur connaissance parfaite du terrain, ils contribuent à la mise à jour régulière de la cartographie et réalisent, en période à risque, une action de surveillance du massif afin de signaler aux autorités compétentes tous incidents notables. Ces patrouilles ont pour objectif principale de contribuer à la sensibilisation du risque grâce à l’information du public rencontré en forêt (bons comportements, mesures des restrictions d’accès, OLD…). Pour ce point, l’Association Régionale coordonne les actions en collaboration avec la MIG de l’ONF et en interfaces avec les Services de l’Etat et les pompiers.

    Enfin, après un incendie, les bénévoles peuvent contribuer également à la « garde du feu », sous l’autorité du Maire, afin de surveiller les zones incendiées et prévenir les reprises. Pour ces missions, les bénévoles sont ainsi équipés de véhicules de couleur jaune adaptés transportant de l’eau afin d’intervenir sur les fumerons par exemple. En cas de détection ou de reprise de feu, ils sollicitent directement les services de lutte. Sur le terrain, les bénévoles sont clairement identifiés et identifiables avec une tenue dédiée.

    Propriétaires forestiers, vous souhaitez vous engager bénévolement en DFCI ? N'hésitez pas à prendre contact avec votre structure locale en suivant le lien ci-dessous.

    Association Régionale de Défense des Forêts Contre les Incendies

  • Le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) de Nouvelle-Aquitaine accompagne les sylviculteurs dans la gestion de leur forêt.

    Il a pour principales missions :

    • d'orienter la gestion des forêts privées : nous agréons les documents de gestion durable, qui prévoient la gestion d’une propriété sur 10 à 20 ans. Tout propriétaire de plus de 20 ha doit avoir un plan simple de gestion agréé ;
    • de conseiller et former : nous réalisons des études et des expérimentations sur la forêt, puis nous vulgarisons les méthodes de sylviculture auprès des propriétaires en les formant et les informant ;
    • Il est un moteur de la gestion durable de forêts privées avec : l’agrément les Plans Simples de Gestion : 6 500 propriétés concernées en Nouvelle-Aquitaine pour 1 000 000 hectares.

    La loi forestière du 10 juillet 2023 étend les missions du Centre National de la Propriété Forestière en matière de Défense des Forêts Contre les Incendies.  Depuis cette date, le CNPF développe un réseau interne qui se décline en 10 référents régionaux sur l’ensemble du territoire national. Ce réseau est animé par une référente nationale présente au sein de l’Institut pour le Développement Forestier.

    En région, le CNPF s’attachera notamment à :

    • Développer l’acculturation au risque incendie dans la gestion durable des forêts en adaptant localement la prise en compte de ce risque dans les documents de gestion et dans leurs pratiques ;
    • Développer sa communication sur le sujet de la DFCI via son site internet, par divers outils de communication (réunions forestières, formations spécifiques, flyers, réseaux sociaux, etc.) ou par toutes autres interventions (colloques, etc.) ;
    • Accompagner les propriétaires forestiers privés dans la prise en compte de ce risque et le cas échant les accompagner dans la reconstitution de leurs peuplements sinistrés en proposant des solutions de reconstitution adaptées aux différents contextes ;
    • Apporter un appui technique aux services de l’état et aux différents partenaires forestiers lors de groupes de travail pour faire part de son expertise de la forêt privée.

  • Traditionnellement appelées « COFOR », le réseau des communes et collectivités forestières existe à l’échelle nationale comme sur le territoire néo-aquitain depuis les années 1930.

    Aujourd’hui, 4 associations départementales couvrent 7 des 12 départements (33, 40, 64, 24, ex-Limousin) appuyées d’une union régionale qui porte une équipe de 7 salariés et développe des programmes thématiques en lien avec les nombreuses compétences de l’élu forestier local. En effet, ce dernier est tout à la fois aménageur, responsable de la sécurité, garant de la règlementation, médiateur, maitre d’ouvrage d’un projet bois et représentant de la commune surtout si celle-ci est propriétaire de forêts.

    Les techniciens et élus de ce réseau accompagnent les élus locaux sur tout projet lié à la forêt en s’appuyant sur une veille et expertise règlementaire, le partage d’expériences, des partenariats techniques et politiques et enfin, les nombreux outils de formation et de communication développés dans le réseau.
    A ce jour, trois chargés de mission (pour un équivalent temps plein) travaillent sur le risque incendie et plus spécifiquement sur les Obligations Légales de Débroussaillement.

    Ainsi, depuis fin 2022, près de 2 000 élus ont été sensibilisés lors de 80 réunions sur les 9 départements néo-aquitains exposés à ce risque.

    A noter également la parution du guide de l’élu face au risque feu de forêt sur le massif landais, accompagné de 7 vidéos-capsules mettant en avant des témoignages d’élus.

    Récemment, le réseau des COFOR poursuit les réunions de sensibilisation, en partenariat avec les DDT-M et la mission d’intérêt général DFCI de l’ONF et souhaite proposer de nouvelles actions :

    • Elargissement aux 3 départements du massif landais de la ligne téléphonique (hotline) créée en 2024 pour les Pyrénées-Atlantiques pour répondre aux élus sur le sujet des OLD ;
    • Lancement d’un module national de formation en ligne sur la mise en œuvre des OLD ;
    • Création du guide régional de l’élu face à ce risque, en complément du précédent paru en 2024 ;
    • Sans oublier l’accompagnement personnalisé de collectivités demandeuses sur ces sujets : OLD, PPRIF, Plan communal de sauvegarde, Réserve communale de sécurité civile, etc. »

    Site internet des Communes Forestières

  • « Certaines collectivités interviennent également sur la thématique de la DFCI. En Charente, le Pays Sud-Charente qui regroupe deux Communautés de Communes (soit 90 communes concernées) et correspond environ à 40 000 ha de bois, fait partie de ces collectivités impliquées.

    Sur ce territoire, un forestier financé par le Pays, œuvre sur le sujet de la DFCI en accompagnant les élus communaux dans ce domaine (appui à la création d’infrastructures, à la mise en œuvre des OLD, etc.) »

    Site internet Pays Sud Charente

Logos DFCI, CNPF, COFOR et Pays Sud 16

Logos DFCI, CNPF, COFOR

D'autres structures intervenant en DFCI

  • L’Office National des Forêts (ONF) est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) gestionnaire des forêts publiques (appartenant à l’Etat ou à des collectivités) soumises au régime forestier. Initialement, cet établissement s’est vu confier une mission d’intérêt général de DFCI sur le secteur du bassin méditerranéen. Depuis les feux hors normes de l’été 2022, le gouvernement a décidé de l’extension de la mission à l’ensemble du territoire français.

    Dans ce cadre, l'ONF met en oeuvre sur les départements bénéficiaires les actions suivantes :

    • Réalisation de patrouilles de surveillance et de contrôles (PSC) pendant les périodes à risque ;
    • Réalisation de patrouilles de surveillance et d'intervention sur feu naissant (PSI réalisées avec des véhicules équipés d’une réserve d’eau) ;
    • Evaluation de la teneur en eau de la végétation vivante pour le suivi du stress hydrique des végétaux durant la saison estivale ;
    • Mise en œuvre d’actions opérationnelles d’appui (RCCI, appui au COS, Cadre de permanence...) ;
    • Appui à la mise en œuvre de la politique des Obligations Légales de Débroussaillement (OLD) en proposant leur accompagnement aux services de l’état et collectivités* .

    Ainsi, par ces différentes nouvelles missions, vous pouvez être amené en tant que propriétaire privé, à rencontrer les agents de l’ONF qui interviennent dans le cadre de cette MIG.

    Les missions précises données à la MIG ONF sont déclinées dans les départements par la Préfecture. Elles sont donc variables d’un département à l’autre en Nouvelle-Aquitaine.

    *Pour la partie relative aux OLD, se référer au paragraphe concerné – Lien renvoyant aux arrêtés OLD

    Pour en savoir plus - site de l'ONF DFCI

  • L’organisation des SDIS repose sur une particularité singulière unique dans le paysage de la fonction publique territoriale. Les sapeurs-pompiers disposent de deux autorités d’emplois :

    • Le Préfet comme autorité opérationnelle ;
    • Le PCASDIS (Président du Conseil d’Administration du SDIS) comme autorité de gestion.

    En matière de DFCI, les SDIS sont les structures opérationnelles de la lutte pour éteindre les incendies.

    Ils s'appuient sur une stratégie nationale dite d'attaque "des feux naissants". Cette doctrine permet de traiter rapidement des départs de feux maîtrisables évitant ainsi des feux de grande ampleur. Ce fonctionnement a permis de diminuer considérablement les surfaces brûlées depuis les années 70.

    Les pompiers s'appuient sur des moyens terrestres (hommes au sol et camion-citerne feux de forêt), de moyens aériens (hélicoptères bombardiers d'eau, canadairs, etc.) et sur des moyens logistiques (postes de commandement, etc.). En cas de feu important des moyens extra-départementaux ou nationaux peuvent être sollicités.

    Pour en savoir plus - site des pompiers de France

Logos ONF et SDIS

Logos ONF SDIS

L'élu dans tout ça ?

L’élu local, le Maire, joue un rôle important en matière de prévention des feux de forêt.

Il est acteur en :

  • suivant la réalisation des OLD quand il est concerné sur son territoire ;
  • ayant le statut de Directeur des Opérations de Secours (DOS) en cas d’incendie ;
  • étant le premier au contact des administrés et des propriétaires de sa commune pendant et après l'incendie.

Les Obligations Légales de Débroussaillement - Quésaco ?

Afin de se prémunir au mieux des départs accidentels de feux de végétation, il existe une réglementation particulière qui s’applique. Dans les massifs forestiers à risque* et dans une bande tampon de 200 mètres en périphérie de ces derniers, les OLD pour Obligation Légales de Débrousaillement sont à réaliser.

La réalisation des OLD incombe à la personne qui crée un risque potentiel d’incendie. En d’autres termes, il est de la responsabilité du propriétaire du bâtiment ou de l’infrastructure à protéger.

Ex : Propriétaire de ma maison située en lisière de forêt, c’est à moi de réaliser les OLD dans un rayon de 50 mètres autour de mon habitation.

De fait, bien que les OLD ne soient donc, dans la majorité des cas, pas directement du fait du propriétaire forestier, ce dernier peut tout de même se retrouver concerné.

Les mesures de réalisation des OLD sont cadrées par des arrêtés préfectoraux (cf. voir carte des départements en début de page).

Note importante : Le propriétaire forestier qui serait dans un périmètre d’OLD et qui réalise une coupe de bois, doit prendre en compte le traitement des rémanents de coupe afin de ne pas laisser au sol d’éléments combustibles sur ces zones. Ce traitement peu correspondre à un démantèlement suffisamment fin, un broyage sur place des rémanents ou à une exportation de ces derniers de la zone OLD.

Le contrôle de la bonne réalisation des OLD incombe au Maire. L'Office National des Forêts réalise périodiquement des visites de contrôles.

Information complémentaire : Malgré une extension de leur application, les OLD sont déjà des mesures qui s’appliquaient sur de nombreux territoires à risque et qui ont fait leurs preuves. 

Retour d'expérience : Dans le cadre d’un grand incendie dans le Sud-Est de la France (Gonfaron 2021), un retour d’expérience a montré leur intérêt en matière de protection des biens :

Impacts du débroussaillement sur les constructions

Schéma : effets du débroussaillement sur les constructions

Source : Préfecture du Var (Feu de Gonfaron, retour d'expérience sur les dégâts aux bâtis, en lien avec les débroussaillements - synthèse des résultats)

- Débroussaillement non réalisé : 3 fois plus de risques de subir des dégâts intérieurs par rapport à un débroussaillement fait ;
- 9 constructions sur 10 touchées intérieurement n’étaient pas ou mal débroussaillées.

*Massifs classés à risque au titre de la réglementation.

La cellule RCCI en Nouvelle-Aquitaine : une nouveauté depuis 2021

  • Depuis 2021, une cellule de Recherche des Causes et Circonstances des Incendies (RCCI) a été créée en Nouvelle-Aquitaine. Le CNPF et ses personnels sont impliqués dans cette démarche avec une personne en charge de la coordination et trois techniciens formés spécifiquement pour intervenir avec les forces de l’ordre et les pompiers.

    À l’origine, le constat de création était simple, en Nouvelle-Aquitaine, 61 % des feux de forêt et de végétation n’ont pas d’origine connue.
    L’objectif de cette cellule est d’identifier l’origine de l’éclosion d’un feu, dans deux objectifs principaux :

    • Établir les responsabilités de l’incendie en cas de dégâts majeurs (humains ou matériels) ;
    • Cibler les interventions de prévention et ainsi éviter la multiplication des départs de feux dus à cette cause.

    Quand elle est déclenchée par le Procureur de la République ou la Préfecture, une équipe d'enquêteurs composée d'un gendarme, d'un pompier et d'un forestier se retrouvent sur les lieux de l'incendie pour en déterminer la cause.

    Les personnels forestiers formés sont au nombre de 24 en Nouvelle-Aquitaine (ce nombre est évolutif). Ils proviennent principalement de l’Office National des Forêts (ONF), de la DFCI AQUITAINE
     ou du CNPF. Ils ont tous suivi une formation spécifique d’une semaine financée par la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAF).

    En savoir plus - article France 3