Les arbres de la région

Les principales essences forestières de la région en quatre ensembles cohérents :

  • Pins,
  • Résineux de montagne: Douglas, sapins, épicéas,
  • Feuillus : chênes, châtaignier, robinier, hêtre,...
  • Peuplier.

Les pins : un ensemble marqué par la prédominance du Pin Maritime

Les résineux occupent 38 % du territoire régional forestier et le pin maritime couvre une superficie d'environ 820 000 ha, soit près de 30 % de la surface boisée. Le volume sur pied du Pin Maritime de 87 millions de m3 représente 62 % du volume total sur pied des résineux de la région, 140 M m3). Cette prédominance du pin maritime est liée à sa forte présence dans le massif des Landes de Gascogne où les peuplements sont composés à 85 % de Pin Maritime et sont majoritairement conduits en futaie régulière pure.

Cette essence est particulièrement bien adaptée au climat océanique doux favorable à la production forestière, malgré les risques de vents violents et de gels précoce ou tardif, et elle reste la seule essence utilisable dans un objectif de production sur des sols sableux, acides, pauvres en éléments minéraux, souvent secs en été et engorgés en hiver.

Le Pin Maritime est aussi présent sur les sols acides les plus ingrats de la Double et du Landais où il se retrouve fréquemment en mélange avec des feuillus, taillis de châtaignier ou de chênes.

D'autres pins occupent une place plus restreinte mais complètent la ressource :

  • le Pin Taeda en nette progression compte tenu de sa bonne résistance au vent et de sa rapidité de croissance est utilisé en diversification sur les meilleures stations du massif landais ;
  • le Pin Laricio a été utilisé notamment pour boiser des terres agricoles mais il est en fort déclin suite à la progression de la maladie des bandes rouges.

Les résineux de montagne : Douglas, Sapins et Epicéas

Bien que la région soit concernée par deux massifs montagneux (Massif central et Pyrénées) seule la partie Limousine comporte des peuplements résineux de montagne identifiables. La plupart des résineux de montagne ont été installés (en Limousin) à la création du Fonds Forestier National (1950-1980).

Initialement il s’agissait surtout d’Epicéa commun et de Sapin pectiné. Leur récolte finale a largement débuté et leur renouvellement est en cours car il s'avère que les épicéas ne produisent pas de bois de haute qualité en Limousin. Au fil des années une nouvelle essence issue d’Amérique de l’ouest a été introduite pour devenir à l’heure actuelle l’essence prédominante. Il s’agit du Douglas. D’autres variétés exotiques ont été introduites (zones plus humides)comme l'Epicéa de Sitka et le Sapin de Vancouver (ou Grandis). D’autres essences sont utilisées, notamment les mélèzes, ou appelées à être utilisées pour répondre aux impératifs du changement climatiques (le Cèdre de l’Atlas, voire le Sapin de Nordmann).

La répartition actuelle  par essence d’environ 143 000 ha est la suivante :

  • Douglas 70 000 ha  ± 12 000
  • Épicéas (commun et de Sitka) 40 000 ha  ± 9 000
  • Pin Sylvestre 27 000 ha ± 8 000
  • Sapins et autres (Mélèzes,) environ 18 000 ha
  • et à répartir environ 15 000 ha de résineux divers (Sapin pectiné, Pin sylvestre, Douglas, pins) en Pyrénées-Atlantiques

Il faut enfin mentionner que certains résineux de Poitou-Charentes et de Dordogne peuvent par leurs caractéristiques stationnelles être rattachés aux résineux de montagne.


Les feuillus : un ensemble diversifé et un fort potentiel

La surface de la forêt en Nouvelle-Aquitaine est de l’ordre de 2,8 millions d’hectares (94 % de cette surface est privée). Les feuillus dominent avec près de 62 % (1,734 million d’hectares) de cette surface, c’est dire leur importance sur le territoire !

La Nouvelle-Aquitaine est la première région française pour la ressource en Chêne et en Châtaignier et son massif de feuillus repose sur une grande variété d’essences.

Essences

Surfaces

Poids relatif en surface

Chêne sessile et pédonculé 

685 000 ha

39 %

Chêne pubescent

242 000 ha

14 %

Châtaignier

260 000 ha

15 %

Hêtre

107 000 ha

6 %

Autres feuillus

440 000 ha

26 %

Total feuillus

1 734 000 ha

Soit 62 % du massif régional

 

Du Nord au Sud les feuillus sont omniprésents, si le département de la Dordogne porte le massif de feuillus le plus important avec 250 000 ha, il est suivi de près par les Pyrénées Atlantiques (177 000 ha) et la Corrèze (147 000 ha).

Le massif de feuillus présente un volume sur pied de 252 millions de m3 soit 66 % du volume total toutes essences confondues. Ceci s’explique par la présence de peuplements âgés, notamment de chênes pour lesquels les volumes par ha sont très importants (en moyenne 144 m 3/ha).


Le peuplier : une essence importante et une ressource à préserver

En France et d’après les statistiques collectées par le Conseil National du Peuplier, la surface populicole est estimée à environ 210 000 ha.

La récolte annuelle est de l'ordre de 1,3 million de m3, et génère de nombreux emplois  industriels (dans le sciage, contreplaqué, papeterie, emballage, bois-énergie), dans l'exploitation, production de plants, la recherche et le développement, la logistique, les travaux… La ressource est morcelée, détenue par 171 000 propriétaires (39 000 en Nouvelle-Aquitaine).

La région Nouvelle-Aquitaine est la première région populicole avec 29,8 % de la récolte nationale (environ 390 000 m3/an), 21 % de la surface nationale (soit 42 000 ha), et un important tissu d'entreprises directement liées au Peuplier, voire exclusivement liées au Peuplier.

Du fait du développement et de la modernisation des entreprises, le besoin de peuplier est durablement en hausse sur la Région.

Or, on assiste en France depuis plus de quinze ans à un désengagement progressif des populiculteurs, ce qui se traduit de façon continue par la perte de surfaces considérables. L'impact de ce déficit sur le tissu économique sera d'autant plus important qu'il s'inscrira dans la durée.

Même si l'ancienne région Aquitaine est celle qui est le plus récemment touchée par ce phénomène en France, la région Nouvelle-Aquitaine est en perte régulière de surface depuis les années 2005-2007. Le taux de boisement-reboisement avoisine à peine 60 % ces dernières années et il s'agit bien d'un phénomène de fond.