Pins

Si le Pin maritime marque fortement la Nouvelle-Aquitaine avec ses 818 000 ha, les Pins Laricos, sylvestre et taeda sont également présents en forêt privée.

LE PIN MARITIME (PINUS PINASTER)

Le Pin maritime couvre sur la région Nouvelle-Aquitaine 818 000 hectares et représente 87 millions de m3 sur pied.

Pilier de l'économie forestière du massif landais, il est aussi très présent dans les deux Charentes et en Dordogne.

Sa sylviculture est en constante évolution, notamment pour s'adapter aux demandes de la filière.

Essence autochtone, il reste le seul arbre vraiment adpaté aux sols pauvres du massif landais.

Essence naturelle de la forêt des landes de Gascogne, le pin maritime a été utilisé pour les grands reboisements du XIXème siècle.

De la disparition du gemmage, activité liée à la récolte de la résine, à la production de bois d’une forêt cultivée, la sylviculture du pin maritime est en perpétuelle mutation.

La compétitivité du massif est très liée à une recherche permanente de progrès : amélioration des techniques culturales, amélioration génétique, évolution de la mécanisation des travaux et de l’exploitation.

 

Le seul arbre bien adapté au triangle landais

Essence autochtone de pleine lumière adaptée aux sols sableux acides et pauvres qu’ils soient secs ou humides.

Essence plastique qui supporte la sécheresse estivale, un engorgement hivernal, un froid modéré et une pluviométrie variable (700 à 1 400 mm de précipitations annuelles).

De bonnes conditions de fertilité (lande humide bien assainie, lande mésophile et techniques culturales appropriées) permettent une bonne croissance du peuplement avec un cycle de production raccourci, si les éclaircies sont déclenchées à temps pour la production de bois d’oeuvre.

La préservation d’îlots feuillus et de bordures, des sous-bois et des petits espaces ouverts est un facteur essentiel de maintien de la biodiversité, dont la Recherche a souligné l’importance pour une gestion durable du massif.

En 50 ans la production moyenne est passée de 4 à près de 12 m3 par ha et par an, essentiellement grâce aux progrès accomplis dans les techniques d’installation et de conduite des peuplements conjugués à l’amélioration génétique.

 

Un bois de qualité apte à de nombreux emplois

  • Bois déroulés : placages, panneaux contreplaqués pour la construction, l’emballage ou le coffrage.
  • Bois sciés : emballage (caisserie, palette, etc.) ; parquet, lambris, moulure ; menuiserie intérieure et extérieure ; charpente, construction bois.
  • Bois ronds de petit diamètre : bois de trituration (pâte à papier, panneaux de particules et MDF) ; poteaux, piquets ; bois énergie.

L’amélioration génétique

Le pin maritime bénéficie d’un des programmes d’amélioration génétique les plus avancés au monde qui porte sur des critères d’adaptation, de rectitude et de croissance.

Le gain génétique est accessible pour les reboisements par plantation :

  • Les premières générations de plants améliorés ont bénéficié d’un gain de  15 % d’accroissement en volume et de 15 % sur la rectitude,
  • La 2ème génération actuellement utilisée bénéficie d’un gain de 30 % sur ces deux facteurs,
  • La 3ème génération est disponible depuis 2013.

La préparation de la parcelle avant installation du peuplement

  •  Assainissement en lande humide
L’abaissement raisonné de la nappe hivernale facilite l’accès aux parcelles pour les travaux et contribue à l’ancrage des pins. C’est un facteur de stabilité, de rectitude des arbres et d’amélioration de la production. Les perspectives annoncées du changement climatique nécessitent cependant une étude préalable avant chaque intervention.
  • Infrastructures

Le parcellaire, les pistes (DFCI, gestion et exploitation), et le stockage des bois doivent être étudiés avant l’installation du peuplement.

  • Travail du sol

Dans tous les cas, un travail du sol est nécessaire. En fonction des techniques culturales il peut être réalisé avec différents outils (charrue à soc ou à disque, train d’outils, ...) en une ou deux fois.

En cas de travail partiel, les interlignes seront travaillés plus tard avec un apport complémentaire d’engrais si nécessaire (3ème ou 4ème année).

  • Fertilisation

Les sols landais sont carencés en phosphore. La fertilisation en acide phosphorique est à moduler suivant le terrain et la culture antérieure (60 à 120 unités en une ou deux fois). 

 

Le reboisement

Le peuplement est installé par plantation ou par semis en lignes espacées d’au moins 4 m. Plantation et semis (après dépressage) ont un coût sensiblement équivalent.

  • La plantation représente 80 à 90 % des reboisements

- Densité initiale de 1 100 (4,5 m x 2 m) à 1 400 plants/ha (4 m x 1,8 m)

- Utilisation de plants de 6 mois

Elle permet de bénéficier du progrès génétique.

Elle facilite et réduit les entretiens (démarrage rapide, absence de dépressage) et le peuplement obtenu est homogène.

  • Le semis représente 10 à 20 % des reboisements, préférentiellement sur landes sèches et mésophiles.

2 à 3 kg de graines par ha donneront au moins 10 000 plants/ha.

Il est nécessaire de prévoir un ou deux dépressages avant la 7ème année (1er à 3 ans, 2ème à 6 ans) pour ramener la densité à environ 1 200 tiges/ha.

  •  La régénération naturelle assistée

Sur certaines stations (dunes ou lande sèche) cette technique peut être utilisée.

Attention elle nécessite une préparation et un suivi rigoureux (consulter un technicien forestier).

 

Les entretiens

Des dégagements sur les lignes sont parfois nécessaires les deux premières années. Il faut prévoir l’entretien des interlignes entre la 2ème et la 4ème année puis environ tous les 5 ans, notamment avant toute intervention sylvicole.

 

La conduite des peuplements

Le modèle de sylviculture standard correspond à la production de bois d’oeuvre avec 3 à 4 éclaircies effectuées entre 10 et 30 ans laissant un peuplement final d’environ 300 tiges/ha pour un âge d’exploitation compris entre 35 et 50 ans (voire 50 à 60 ans pour un objectif de bois d’oeuvre de haute qualité).

Selon les opportunités économiques, il est possible de produire des bois de petit volume unitaire avec un âge d’exploitation compris entre 25 et 35 ans selon 2 options :

- volume unitaire d’environ 0,4 m3 (plantation de 1 250 arbres/ha sans éclaircie mais le scénario est alors irréversible),

- volume unitaire de 0,6 à 0,8 m3 (scénario réversible avec une à deux éclaircies).

Dans l’état actuel de nos connaissances, il est préférable de :

- réserver ce type de scénario à des stations de bonne fertilité en évitant de le renouveler sur la même parcelle,

- diversifier les itinéraires et les objectifs de production au sein d’une même propriété afin de limiter les risques.

Dans le massif Dordogne-Garonne, le pin maritime est également très présent sur sols acides.

Ces boisements peuvent être conduits :

- soit selon le modèle landais,

- soit en peuplements de pins mélangés avec du taillis, ce qui permet de produire des gros bois de grande valeur. Il convient de veiller à récolter ces bois avant qu’ils ne se déprécient et il est possible de reconstituer ces mélanges, en particulier dans les taillis de châtaigniers peu productifs.

 

Adversités

Le pin maritime est soumis à un grand nombre d’adversités d’origines diverses : feu, aléas climatiques (vent, gel, sécheresse...), maladies cryptogamiques, insectes, gibier, ...

On doit se prémunir :

- Par la lutte préventive contre les incendies organisée par la DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie) à laquelle participent tous les propriétaires forestiers des Landes de Gascogne et du Périgord par le biais des Associations Syndicales Autorisées.
- Par la surveillance et la lutte préventive éventuelle contre les insectes (hylobe, scolytes, chenilles processionnaires,...) et les maladies cryptogamiques (armillaire et fomès actuellement en extension, avec une vive incitation au traitement préventif de ce dernier dans le massif landais).
- Plus ponctuellement par la lutte curative (processionnaire, scolytes).
- Par le signalement des dégâts de gibier (via l’Observatoire Grand Gibier) et l’adaptation du plan de chasse, en particulier pour limiter les dégâts de cervidés.
- Par la prise en compte du risque dans la conduite des peuplements :
  • les entretiens permettront de limiter le risque d’incendie et la concurrence vis à vis de l’alimentation en eau tout en permettant l’exercice de la chasse dans de bonnes conditions de visibilité,
  • le rythme des éclaircies et l’âge d’exploitation jouent un rôle dans la résistance au vent des peuplements.

Pour les aspects phytosanitaires, contacter un technicien forestier et notamment les correspondants-observateurs du Département de la Santé des Forêts (DSF).

Guide de bonnes pratiques sylvicoles face au risque feu de forêt


LE PIN TAEDA

(PINUS TAEDA L.) / PIN A L'ENCENS / PIN A TORCHES / LOBLOLLY PINE)

UNE ALTERNATIVE AU PIN MARITIME ?

• Un résineux exigeant à ne pas installer n'importe où

• Une espèce à fort potentiel de croissance

• Une très bonne résistance au vent

• Une qualité de bois inférieure à celle du pin maritime

 

Pin à trois aiguilles de la famille des Yellow pines

• Originaire du sud-est des Etats-Unis

• Tronc droit avec une écorce fine

• Branchaison fine mais sans verticilles marqués

• Matériel végétal installé aujourd’hui : graines récoltées dans des peuplements sélectionnés en France (PTA311, façade atlantique)

C’est une essence de pleine lumière ayant besoin d’au moins 800 mm de précipitations reparties sur toute l’année.

Contrairement au pin maritime, son système racinaire est capable de traverser la couche d’alios et lui confère une bonne stabilité.

Le PIN TAEDA préfère les sols profonds, acides, bien drainés et bien alimentés en eau. Il ne supporte ni le calcaire actif, ni l’hydromorphie de surface mais il est capable de s’acclimater jusqu’à 400 m d’altitude.

Très sensible aux sécheresses, il ne supporte pas les terrains séchants.

Le PIN TAEDA est une essence installée et testée en Aquitaine depuis les années 80 notamment pour les boisements de terres agricoles.

 

Le bois

C’est un bois léger et très souple mais résistant. Du fait de sa croissance très rapide dans les conditions actuelles de culture, le PIN TAEDA est principalement destiné à la trituration et au sciage ne nécessitant pas de qualité technologique importante du bois (palette, emballage léger, parquet-lambris, ossature légère).

 

Où installer le Pin taeda ?

Schéma

 

Les risques

Les deux tempêtes de 1999 et de 2009 ont validé la résistance du PIN TAEDA aux vents forts.

Mais les pullulations de scolytes qui en ont découlé ont provoqué de multiples attaques sur les peuplements, surtout sur les stations limites peu adaptées au PIN TAEDA.

• Il est prudent d’éviter les éclaircies aux périodes chaudes et d’enlever les piles dans le mois qui suit l’abattage pour limiter les attaques de scolytes.

• Il semble plus appétent pour la chenille processionnaire que le pin maritime.

• Il semble aussi plus appétent pour le gibier (chevreuil), mais en général sans conséquence irrémédiable sur l’avenir du peuplement.

• Il n’y a pas d’observation de mortalité importante liée au fomes.

• D’après la bibliographie, le PIN TAEDA est résistant au nématode et est un porteur sain.

 

Installation des peuplements

Il est le plus souvent installé comme le pin maritime.

• Préparation du sol : labour en bande de 4 m d’axe + émiettage. Sur les sols les plus acides, une fertilisation phosphatée de 60 à 80 U/ha est conseillée.

• Plantation : densité entre 1000 et 1300 tiges/ha. Son démarrage est souvent plus lent que le pin maritime pendant les 5 premières années. Sur les parcelles avec une forte concurrence herbacée, un entretien les 3 premières années est obligatoire.

• Élagage : le PIN TAEDA ne présente pas de verticilles marqués. Les branches mortes se dégradent et provoquent des nœuds noirs non adhérents voire des pourritures du bois. Ce défaut pourrait être évité par un élagage des branches vertes vers 6-7 ans. Mais dans la majorité des cas, les parcelles ne sont pas élaguées pour des questions de coût, ce qui limite les usages de ce bois au caissage ou à l’ossature légère.
Résultats de suivi de peuplements : le suivi de placettes de référence pendant une décennie a permis d’appréhender le potentiel de croissance de cette essence.

• Sur les meilleures stations, l’accroissement moyen sur les 20 premières années peut dépasser les 25 m3 par hectare et par an. Par contre, cet accroissement peut être proche de zéro sur les stations non adaptées.

• Le suivi de ces placettes a également montré qu’en peuplement, le PIN TAEDA supporte mieux la concurrence que le pin maritime.

• Compte tenu de la faible valorisation possible des bois, l’objectif n’est pas de produire des arbres de volume unitaire important, mais d’optimiser la production à l’hectare.

 

La sylviculture

Les résultats de suivi montrent qu’il est préférable de conduire le PIN TAEDA sur des révolutions courtes (20-25 ans).

Sa capacité à supporter la concurrence permet de maintenir des densités fortes de 800 à 1000 tiges/ha jusqu’à la coupe rase.

Cette densité finale peut être obtenue :

• soit en effectuant une éclaircie entre 13 et 15 ans : prélèvement de 30 % des tiges pour obtenir 800 tiges/ha après éclaircie ;

• soit sans éclaircie en plantant à une densité plus faible (1 000 tiges/ha).

Les parcelles de référence ont permis de valider cet itinéraire sylvicole qui permet d’obtenir des volumes unitaires de 0,5 à 0,6 m3 à 25 ans.

Les tests ont montré que des éclaircies plus fortes (prélèvement jusqu’à 50 % des tiges) sont préjudiciables au volume total produit.

Les échecs de plantation du PIN TAEDA sont liés majoritairement à un mauvais choix de la station.

À consulter :


Les cahiers de la reconstitution du GIS Groupe Pin maritime du futur

Les effets de la tempête de janvier 2009 (ouragan Klaus) aggravés par les dégâts d'insectes ravageurs en 2010 et 2011 se traduisent par la nécessité de reconstituer 200 000 ha de forêts en Aquitaine.

C'est le plus grand chantier de reboisement d'Europe. Tous ceux qui sont concernés, en premier lieu les sylviculteurs sinistrés, souhaitent s'engager dans cette vaste entreprise en connaissance de cause, en particulier au travers d'itinéraires techniques susceptibles de limiter les risques et d’améliorer la résilience de la forêt de production.

Ces "Cahiers de la reconstitution" n'ont d'autre ambition que de les accompagner dans cette démarche essentielle mais difficile. Ils sont le fruit d'un dialogue permanent et responsable entre la Recherche, le Développement forestier, les représentants de la forêt privée et les gestionnaires de la forêt publique, au sein du Groupement d'Intérêt Scientifique Groupe Pin Maritime du Futur (GIS GPMF).

Le GPMF s'est donné pour objectif de dresser ici un état des connaissances, en rappelant ce qui a été démontré, mais également ce qui reste à expérimenter, ainsi que les recherches en cours. Au delà de cet état des lieux, nous souhaitons aussi exposer les questionnements qui s'imposent face à un contexte économique et environnemental en évolution, et proposer des pistes d'action.

À consulter :