Résineux de montagne (douglas, sapins, épicéas, mélèzes ...)

 

 

 

 

  • Si le peuplement est bien venant et qu’il n’existe pas de facteurs limitant son développement, on peut envisager, en fonction de son stade d’évolution, certaines interventions (voir ci-dessous).

 

Stade d’évolution du peuplement

Opérations réalisables dans certains cas selon la croissance des arbres, l’essence et vos objectifs

Hauteur inférieure à 9 m

- mise en place de cloisonnements culturaux dans les semis naturels

- entretiens afin d’éviter une trop grande concurrence de la végétation spontanée N (dégagements des semis ou des plants)

- dépressage - élagage à 2 m (Douglas, Mélèzes, Pins)

De 9 à 15 m de hauteur

- élagage à 6 m au profit des plus beaux arbres (environ 200 t/ha)

- 1ère éclaircie au profit des plus beaux arbres, avec ouverture de cloisonnements d’exploitation

De 15 à 25 m de hauteur

- 2ème éclaircie (5 à 8 ans après la première éclaircie)

Plus de 25 m de hauteur

- éclaircies supplémentaires, toujours au profit des plus beaux arbres

- puis lorsque le peuplement est mûr :

    ● coupe rase et reboisement

    ● ou coupe d’ensemencement pour une régénération naturelle

    ● maintien provisoire sur pied avec éventuellement de nouvelles coupes d’amélioration

 

  • Si le peuplement est manifestement de mauvaise qualité (très faible croissance, mauvaise forme des arbres, problèmes sanitaires), mais les conditions locales de sol et de climat sont favorables au développement d’un peuplement forestier. On peut envisager alors une coupe rase* du peuplement, suivie d’une plantation qui utilise cette fois-ci une essence mieux adaptée.

 

  • Si le peuplement est de mauvaise qualité, et les conditions locales de sol et de climat présentent de nombreux facteurs limitants. Toute intervention dans ce type de milieu doit faire l’objet d’une réflexion préalable afin de juger de son intérêt forestier et économique.

Recommandations

La récolte d’une futaie régulière résineuse sera suivie par la création d’un nouveau peuplement :

    ➣ soit par plantation : auquel cas il faudra utiliser des plants issus d’une région de provenance conseillée

    ➣ soit par régénération naturelle, dans la mesure où la qualité génétique des semenciers en place le permet et si l’essence est bien adaptée aux conditions locales de sol et de climat.


La première coupe d’éclaircie conduit généralement à la récolte de bois d’industrie (petits bois destinés aux usines de pâte à papier ou de panneaux de particules) : marchés peu rémunérateurs qui peuvent laisser un déficit. Il faut attendre les éclaircies suivantes pour obtenir des bois destinés aux sciages.


Seul l’élagage permet de produire à terme du bois d’œuvre sans nœuds. Son coût conduit à le réserver aux essences à forte croissance telles que le Douglas et le Mélèze et à un nombre limité de tiges.

 

Conserver dans vos parcelles des essences dites secondaires, dans la mesure où elles ne concurrencent pas et qu’elles accompagnent la croissance de l’essence “objectif” (ex. : Sorbier, Poirier sauvage, Chênes, Bouleau, etc.…).

 

La réalisation des éclaircies permet entre autre l’éclairement du sol et le développement d’une végétation en sous-étage.

 

L’ouverture de cloisonnements d’exploitation permet de canaliser les engins dans les seuls axes de passage prévus et préserve ainsi les caractéristiques physiques du sol sur le reste de la parcelle.


Le cas particulier de la gestion en futaie irrégulière

Définition

Type de peuplement peu présent, composé d’arbres d’âges variés, issus de semis naturels (ou artificiels) ou de plantation.

On peut trouver ainsi dans la même parcelle des plages de régénération naturelle*, des “petits bois”, des “bois moyens” et des “gros bois”.

Cette technique sylvicole est d’autant mieux adaptée que les essences ont une capacité à se régénérer naturellement (ex. : Sapin pectiné, Douglas, …).

 

Objectif

L’objectif principal est la production de bois d’œuvre de qualité, obtenu lors de la récolte des gros bois.

Ce mode de traitement nécessite une attention particulière et une bonne technicité pour assurer la pérennité du peuplement.

En effet, les interventions sylvicoles se juxtaposent dans la parcelle et se poursuivent dans le temps : il faut régénérer, entretenir, dépresser, éclaircir et récolter.

 

Types d’interventions à réaliser aux moments opportuns

➣ obtenir la régénération naturelle par un bon dosage de la lumière,

➣ dégager les semis,

➣ regarnir si nécessaire, au moyen de plantations artificielles,

➣ réaliser des tailles de formation (si besoin),

➣ dépresser les taches de semis,

élaguer progressivement les arbres d’avenir.

Types d’interventions à réaliser lors du passage en coupe tous les 7 à 12 ans :

➣ éclaircir dans les petits bois et les bois moyens au profit des arbres d’avenir, afin de permettre la reconstitution continue de la réserve de gros bois,

➣ récolter les gros bois ayant atteint le diamètre ou le volume souhaité,

➣ éliminer les arbres en mauvais état sanitaire.

 

Illustration des interventions possibles en futaie irrégulière

Avant


Irrégulier - avant (jpg - 21 Ko)

Après


Irrégulier - Après (jpg - 15 Ko)

RECOMMANDATIONS SPÉCIFIQUES

➣ Respecter un bon dosage de la lumière au sol pour favoriser la régénération naturelle.

➣ Regarnir, si nécessaire, les zones où la régénération naturelle n’est pas acquise, en utilisant des plants issus d’une région de provenance conseillée.

➣ Conserver un sous-étage d’essences ligneuses qui permette d’accompagner la croissance des arbres d’avenir afin d’éviter, par exemple, l’apparition de trop grosses branches.

➣ Favoriser la diversité des essences, y compris le mélange feuillus/résineux.

➣ L’élagage permet de produire à terme du bois d’œuvre sans nœuds, mais son coût conduit à le réserver aux essences à forte croissance et à un nombre limité de tiges.

➣ Ce type de traitement permet de conserver une ambiance forestière en permanence.

➣ L’ouverture de cloisonnements d’exploitation permet de canaliser les engins sur les seuls axes de passage prévus et préserve ainsi les caractéristiques physiques du sol sur le reste de la parcelle.


Le boisement et le renouvellement des peuplements

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 Définition

Boiser, c’est créer une forêt, par semis ou plantation, sur un terrain nu ou faiblement boisé.

Reboiser c’est renouveler une forêt dont les peuplements ont été exploités parce qu’ils étaient mûrs ou de qualité médiocre. Le reboisement peut être obtenu par régénération naturelle*, et/ou par plantation ou semis artificiels.

 

Objectif

L’objectif principal est de produire à terme du bois d’œuvre feuillu ou résineux de qualité.

 

Principaux itinéraires sylvicoles possibles

 

✔ Boisement, reboisement par semis ou plantation

Cette technique, la plus couramment utilisée, concerne des terrains nus ou faiblement boisés, des taillis ou des accrus non améliorables, des terrains ensouchés après exploitation d’un peuplement.

Pour réussir cette intervention il est nécessaire de suivre, en fonction de la nature du terrain, les différentes étapes décrites ci-dessous :

➣ aménager et entretenir une desserte (pistes en terrain naturel),

➣ nettoyer au préalable la parcelle en respectant le sol (tassement, …) et l’environnement ; plusieurs techniques sont alors envisageables : simple dégagement manuel, andainage des rémanents d’exploitation, dessouchage avec andainage, broyage, arasement des souches …)

➣ éventuellement ameublir le terrain pour faciliter l’installation des plants ou des semis (labour, sous-solage, potets travaillés …),

➣ apporter des amendements et des engrais si cela s’avère nécessaire,

➣ utiliser des plants (ou des graines) conformes à la réglementation et adaptés aux conditions écologiques locales,

➣ mettre en place les plants (ou semer les graines),

➣ protéger contre le gibier (essentiellement pour les feuillus),

➣ lutter contre les agents pathogènes de manière préventive et si besoin curative (hylobe principalement dans le cas du douglas),

➣ contrôler judicieusement la végétation concurrente après la plantation, notamment si la pression du gibier est importante. Cela est indispensable au cours des 3 à 5 années suivant la plantation ou le semis,

➣ procéder régulièrement, si nécessaire, aux regarnis, tout au long des 3 à 5 années suivant la plantation ou le semis,

➣ pour les feuillus : il est conseillé de pratiquer dans les 4 premières années une taille de formation sur au moins 400 tiges/ha, si la densité d’arbres bien conformés n’est pas suffisante.

Remarque : Certaines techniques, telles que "l’enrichissement" permettent de conserver la végétation naturelle existante (rejets, semis). Si ce gainage est bien maîtrisé, on peut envisager un accompagnement des plants introduits.

 

✔ Le reboisement par régénération naturelle *

Cette technique s’adresse à des peuplements mûrs, de belle qualité, et présentant une bonne fructification.

Elle est envisageable pour les essences suivantes : Douglas, Sapin pectiné, Pin sylvestre, Epicéas, Sapin de Vancouver …

On distingue deux phases dans sa réalisation :

Phase n° 1 : installation de la régénération

➣ première coupe d’ensemencement (profiter d’une fructification abondante) qui consiste à ouvrir le peuplement et conserver les beaux et gros arbres susceptibles de fructifier, bien répartis,

➣ travail superficiel du sol,

➣ fertilisation ou amendement (si nécessaire),

➣ récolte des semenciers puis coupe définitive une fois la régénération acquise,

➣ création et entretiens des cloisonnements culturaux,

➣ complément de régénération par plantation dans les zones où cela s’avère nécessaire,

➣ contrôles de la végétation concurrente (2 interventions en moyenne).

Phase n° 2 : conduite de la régénération installée

➣ contrôles de la végétation concurrente (2 à 3 interventions),

➣ dépressages,

➣ défourchages et tailles de formation (si besoin).

 

Recommandations spécifiques

 Certains projets de boisement peuvent être soumis à une autorisation préalable (à vérifier auprès de la mairie concernée).

 

En plantation ou semis, utiliser des plants ou des graines issus d’une région de provenance conseillée.

 

Lutter contre la végétation concurrente mais conserver si possible une végétation d’accompagnement qui permettra une meilleure éducation des jeunes plants.

 

Si la présence de cervidés (cerfs, chevreuils …) peut altérer la viabilité de votre plantation ou de votre régénération, il est important :

➣ de demander aux responsables de la réalisation du plan de chasse d’augmenter les prélèvements pour obtenir un équilibre sylvo-cynégétique,

➣ de choisir, ou de favoriser des essences réputées moins attirantes pour ces animaux,

➣ d’utiliser, pour la préservation des plants et des semis, des techniques de sylviculture adaptées assurant une protection naturelle ou, le cas échéant, des protections artificielles.

 

Prendre en compte les milieux particuliers : zones humides, tourbières, ripisylves, zones rocheuses, pentes fortes (supérieures à 30 %).

 

Réfléchir à l’impact paysager de votre projet (conservation d’une lisière, disposition des andains, proximité d’un site sensible, etc…).